23.02.2009

Congé maternité : le PS veut 4 semaines supplémentaires

logo-nouvel obs.gifL'opposition répond ainsi à Nicolas Sarkozy qui a dit vouloir engager une réflexion sur un congé parental plus court.

Le groupe PS à l'Assemblée a indiqué, mardi 17 février, qu'il proposait de rallonger de 16 à 20 semaines le congé maternité, en réponse à Nicolas Sarkozy qui a souhaité engager une réflexion sur un congé parental plus court.

Actuellement, le congé maternité dure 16 semaines que la mère peut prendre au choix autour de la naissance.

Dans une proposition de loi, le PS veut le porter à "20 semaines qui commencent sept semaines avant la date présumée de l'accouchement". Ce texte doit encore être inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée.

Des différences au sein de l'Europe

Les socialistes soulignent "que la durée du congé français est inférieure à celle accordée au Portugal, au Royaume-Uni, en Irlande, en Grèce, en Finlande, en Italie ou au Danemark".

Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi "une réflexion sur l'évolution du congé parental", qui doit selon lui être "plus court" pour faciliter le retour au travail des mères de famille.

A ne pas confondre avec le congé maternité, le congé parental permet actuellement de s'arrêter six mois dès le premier enfant et trois ans pour le deuxième. Le salarié qui ne travaille plus peut, sous conditions, bénéficier du complément de libre choix d’activité (entre 314 et 552 euros par mois).

 

Lire aussi l'article " Les raisons de la colère" sur le blog de la section socialistes de l'île de Ré"

20.02.2009

Discriminations : le PS propose des « enquêtes sur des données subjectives »

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Débattue aujourd'hui [jeudi] à l'Assemblée nationale, une proposition de loi socialiste de lutte contre les discriminations liées à l'origine défend un nouvel outil de mesure.

Censurées par le Conseil constitutionnel en novembre 2007, et plus récemment par le comité Weil, les statistiques ethniques ont bel et bien été écartées des outils de mesure possibles des discriminations. La porte est donc étroite pour trouver un dispositif à la fois efficace et respectueux du droit français à cette fin.

Dans la proposition de loi du groupe PS, débattue aujourd'hui devant l'Assemblée nationale, le choix s'est porté sur un autre type d'enquête, portant cette fois sur des « données subjectives » et fondées sur le « ressenti d'appartenance » : « Estimez-vous appartenir à une minorité ? », « Comment pensez-vous que les autres vous voient ? ». Voilà deux exemples de questions qui pourraient être posées, à condition que ces enquêtes soient strictement encadrées : bénévolat, anonymat et autorisation de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) seraient obligatoires.

Comme le rappellent les députés cosignataires du texte (George Pau-Langevin, Christophe Caresche, Victorin Lurel et Jean-Marc Ayrault) : « L'objectif n'est pas une mesure de la diversité qui serait systématique et qui tiendrait un état des lieux de la population française. Aucun comptage officiel de la population sur des bases «ethniques» ou «raciales» ne doit être autorisé. L'objectif recherché est de mieux connaître les discriminations selon les origines réelles ou supposées de la personne discriminée. »

Une attention particulière

Parmi les autres mesures proposées, le domaine de l'emploi a fait l'objet d'une attention particulière. Outre la mise en oeuvre du CV anonyme pour les entreprises de plus de 50 salariés, voté par le Parlement mais dont le décret d'application n'est toujours pas paru, le texte propose également que les critères d'attribution des marchés publics tiennent compte des politiques de lutte contre les discriminations menées dans les entreprises. Un point sur lequel les députés UMP de la commission des lois ont émis des réserves. Les élus socialistes souhaitent par ailleurs revenir sur la liste des 7 millions d'emplois des secteurs public et privé qui restent pour l'heure encore fermés aux étrangers. Enfin, les pouvoirs de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) pourraient être étendus en créant un délit d'entrave à ses actions, comme il en existe déjà pour la CNIL. Toute opposition à l'exercice des missions confiées aux membres de la Halde ou refus de communiquer (ou de leur dissimuler) des renseignements et documents utiles pourrait ainsi être sanctionné.

MARIE BELLAN

 

Des pratiques discriminatoires courantes

En 2007, la Halde a enregistré 6.222 réclamations, dont plus de la moitié concernent l'emploi.

Selon les chiffres du Bureau international du travail (BX1), à peine 10 % des employeurs en France respectent tout au long du processus de recrutement une égalité de traitement entre les candidats.

D'après un « testing » effectué par la Halde auprès d'agences immobilières et de particuliers, 75 % des candidats de référence obtiennent le logement désiré suite à la visite d'un appartement, mais seulement 22 % des candidats originaires d'Afrique noire et 17 % pour les personnes issues du Maghreb.

 

19.02.2009

Respecter la parole donnée

La nouvelle flambée de violence qui a touché la Guadeloupe dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 février a fait un mort, le premier en plus de quatre semaines de conflit, tandis que les affrontements de rue ont fait plusieurs blessés par armes à feu parmi les forces de l’ordre. La victime, Jacques Bino, syndicaliste, membre du collectif contre l’exploitation (LKP), a été atteinte par une balle tirée dans une cité sensible de Pointe-à-Pitre.

La situation est tendue dans l'île, où des barrages, parfois enflammés, ont été érigés dans les rues désertées par les habitants, des commerces pillés, des établissements incendiés, des véhicules brûlés, et où trente-neuf interpellations ont été opérées dans la nuit de mercredi à jeudi

Le porte-parole du Collectif LKP, Elie Domota, a lancé sur plusieurs radios un appel au calme, tout en exprimant une grande colère à l'égard du pouvoir métropolitain. "La Guadeloupe est une colonie, parce que dans un département français, jamais on n'aurait laissé pourrir la situation avant d'intervenir", a-t-il déclaré. La guérilla urbaine qui semble s'installer dans l'île résulte, selon lui, d'une absence d'écoute des autorités face à la colère des habitants, mais aussi de provocations des forces de l'ordre, et peste que ses seuls contacts avec l'État sont "ceux avec les forces de l'ordre", dont les "insultes racistes" auraient provoqué les dérapages.

Mediapart a publié mercredi la lettre ouverte d'Alex Lollia dans laquelle ce professeur de philosophie, membre de LKP, raconte son agression, lundi 16 février, par les gendarmes mobiles, qui ont, selon lui, tenu des propos racistes alors qu'ils le tabassaient.

Le gouvernement et Nicolas Sarkozy aux Antilles préfèrent la violence à une solution sociale et culturelle réclamée unanimement par les populations concernées.

Alors que le gouvernement piétine pour satisfaire les garanties légitimes des DOM-TOM en matière de pouvoir d'achat, deux délégations socialistes se sont rendues le week-end dernier aux Antilles et à la Réunion pour rencontrer toutes les forces vives de ces territoires. Martine Aubry (PS) a fustigé : « Depuis deux ans, on ne s'est pas occupé des DOM, l'État n'a pas rempli son rôle de contrôle des prix » et a reçu une délégation venue des outre-mer mercredi 18 février, soit la veille de leur entrevue avec le chef de l'Etat. De son côté le socialiste Victorin Lurel, président de la Région Guadeloupe, a prévenu : « Je ne ferai qu'une seule proposition », à savoir le « respect de la parole donnée ». En clair, il réclame l'application du préaccord conclu dans l'île, le 8 février, sous l'égide d'Yves Jégo, le secrétaire d'État à l'Outre-Mer. Il prévoyait que l'État compense, par des exonérations de charges, l'augmentation de 200 € des bas salaires qu'exige le Collectif contre l'exploitation LKP.

La reconnaissance de la dignité des Guadeloupéens, comme celle des Martiniquais, des Réunionnais et des guyanais, passe en effet par des réponses positives aux revendications des syndicats dans les départements d-outre-mer. La rencontre d’aujourd’hui avec les élus antillais doit être l’occasion pour le Président de la République et l’Etat français de mettre fin à la crise en accédant à l’ensemble des revendications légitimes portées par le mouvement.

 

 

 

 

Voici le texte de la lettre ouverte d'Alex Lollia publiée hier par Mediapart.

AU PEUPLE MOBILISE !

Chers Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police. Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination.

J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique: c’est celle qui a été définie par le LKP. Je suis un combattant aux mains nues! Or en face de nous, les forces de police n’ont pas hésité à nous agresser sauvagement.

Avec des camarades de l’UGTG et de la CTU, nous faisions tout pour calmer le jeu et encadrer les manifestants qui étaient pour la première fois venus nous apporter leur soutien. Nous avons vu tomber sur nous une véritable tornade de coups de matraque alors que nous avions déjà quitté les abords de la route nationale. Les mamblo (gendarmes) nous ont pourchassés dans les ruelles de Belle-Plaine et même dans la mangrove, ils n’ont pas abandonné leur traque.

C’est ainsi que j’ai compris qu’ils n’étaient pas seulement venus lever des barrages mais qu’ils étaient venus «casser du nègre» comme ils l’ont dit eux-mêmes. Ils m’ont encerclé et frappé. Je dois vous préciser ce qu’ils m’ont dit car je veux que vous compreniez à qui nous avons affaire. Lors que je recevais des coups de pieds dans le ventre et que je me traînais par terre, voilà ce qu’ils m’ont dit: «On a vu ta sale gueule à la télé, on va te la casser et tu ne pourras plus la montrer. On va vous casser sales nègres, chiens de nègres!»

J’ai vu qu’ils traînaient par les cheveux, une femme du quartier qui manifestait son indignation lorsqu’ils m’ont frappé. Ma seule arme a été de crier, d’hurler, ce qui a provoqué la colère des habitants du quartier. C’est comme cela que j’ai pu en réchapper. Je ne sais ce qui est advenu de cette dame et je lui envoie, de mon lit, mon salut militant. Je la remercie d’avoir eu le courage, elle qui m’a sauvé avec les voisins du quartier. On dit que les Guadeloupéens sont des lâches mais voilà un exemple d’engagement et de courage.

Je demande aux militants de resserrer les liens, de s’armer de courage, de renforcer la mobilisation. Il faut encore élargir nos rangs et approfondir notre combat. C’est toute la Guadeloupe qui est derrière nous. La victoire est à portée de mains. Nous avons écrit une belle page dans le combat pour l’émancipation: la liberté commence aujourd’hui !

Du fond de mon lit d’hôpital, je dis à tous mes frères: «Ansanm nou ka lité! Ansanm nou ké gannyé!» (Ensemble nous luttons, ensemble nous gagnerons)

Alex LOLLIA.

 

17.02.2009

J'ai 14 ans, je m'appelle Souleimana, Fatoumata, Li-Ann, Sonia

J'ai 14 ans, je m'appelle Souleimana, Fatoumata, Li-Ann, Sonia mais je pourrais tout aussi bien m'appeler Anne F.

Je vis en France... enfin plutôt je survis en France où je suis venue avec mes parents il y a quelques années... Nous avons fui la misère qui a tué tous mes petits frères, mais j'aurai aussi bien pu fuir la guerre ou la tyrannie religieuse ou politique... Nous avons tous une raison vitale à venir ici.

Le voyage a été long, il a coûté cher à ma famille, à mon village... Nous sommes l'espoir de ceux restés au pays et nous avons confié nos vies à un membre du village... qui nous a confié à un homme puis à un autre, et de fil en aiguille nous avons traversé la moitié du monde, cachés... Nous avons eu peur souvent, de nous faire prendre, de ne pas arriver au bout mais nous y sommes parvenus, c'est déjà un petit miracle. Nous sommes ensemble tous les trois.

Nous nous sommes installés dans la capitale, parce que mon père dit que nous y sommes noyés dans l'anonymat... Oui mon père est un homme intelligent et cultivé, dans mon village il était un homme important, les gens là bas ont pensé qu'il aurait plus de chance qu'un autre de trouver une bonne situation pour lui, pour nous, pour eux...

Il est plongeur dans un grand restaurant !

Je vais à l'école, je suis un peu en retard mais je me bats, je travaille beaucoup pour rattraper mon retard... J'ai quitté mes amis là bas mais j'en ai trouvé d'autres ici, ils sont très gentils, ils essaient de m'aider, ils savent que ce n'est pas facile pour moi, je vis dans une chambre avec mes parents, je ne peux pas les recevoir... puis nous changeons souvent d'endroit. Papa ne veut prendre aucun risque.

Mes amis le savent, je n'ai pas de papiers...

Alors je ne peux pas aller partout avec eux, parfois je les entends parler de ces endroits où ils semblent tant s'amuser, la patinoire, le cinéma... mais Papa ne veut pas, il dit que le moindre incident pourrait me mettre en face de la police... et je n'ai que ma carte de cantine à leur présenter.

Mais ça me pèse... parfois je regrette mon village, la vie y était dure, on n'avait pas toujours de la viande dans nos assiettes... mais ici on n'en a de moins en moins aussi... et on se cache !

J'ai peur dans la rue quand je vois une voiture de police, je sais ce qu'il se passe, je me dépêche de sortir de l'école, mes parents ne viennent jamais voir les professeurs.

L'autre soir Maman a pleuré dans le lit, devant elle une petite chinoise s'est faite arrêté dans le métro, elle n'avait pas de papiers... si Maman avait marché plus vite, c'est elle qui se serait faite contrôler !

Oui nous vivons mieux, matériellement qu'au pays, nous y envoyons le peu d'argent qui nous reste mais même aller au guichet pour envoyer l'argent est un calvaire...

L'année dernière Maman n'avait plus de travail, pour manger nous sommes allé au resto du cœur, mais nous avons entendu dire qu'ils y faisaient aussi des rafles... on a arrêté ! Trop dangereux !

J'ai 14 ans, je m'appelle Souleimana, Fatoumata, Li-Ann, Sonia mais je pourrais tout aussi bien m'appeler Anne F.

J'en peux plus d'avoir peur...

A l'école on m'apprend l'histoire de l'Europe... l'éducation civique...

J'ai entendu à la télé un monsieur important... Il s'appelle Frédéric Lefèvre, il a dit que « la dénonciation est un devoir républicain »... un autre monsieur, un ministre, Eric Besson, a dit que si on dénonce nos passeurs on aura des papiers !

J'y ai cru !

Je suis allé voir la police, j'avais le cœur léger, on va avoir des papiers, on va pouvoir sortir de cette petite chambre, se promener le dimanche... je vais pouvoir aller partout avec mes amis. Je n'aurai plus peur !

Mais quand je suis rentrée chez moi j'ai trouvé ma mère en pleurs... la police était venue, ils ont arrêté mon père... je ne savais pas mais depuis que nous sommes en France, il aide les gens qui nous ont aidé... il fait parti du « réseau »...

J'ai 14 ans, je m'appelle Souleimana, Fatoumata, Li-Ann, Sonia mais je pourrais tout aussi bien m'appeler Anne F. et j'écris en regardant une dernière fois le ciel de France derrière les barreaux de la prison qu'ils appellent centre de rétention... demain je rentre au village avec Maman... Papa restera en France... où il sera jugé !

par Jean Luc pour “la lettre de Jaures”



11.02.2009

Automobile : tout pour les constructeurs, rien ou presque pour les autres acteurs

Communiqué de Guillaume BACHELAY, Secrétaire national à la politique industrielle, aux entreprises et aux nouvelles technologies

 

L'automobile subit de plein fouet la crise : des sous-traitants licencient ou ferment; des salariés sont mis au chômage partiel, incités au départ ou licenciés ; les collectivités territoriales doivent répondre à l'impact social et financier de la tourmente qui frappe le secteur.

Depuis plusieurs mois, syndicats, chefs d'entreprise, élus locaux tirent la sonnette d'alarme. Un temps précieux a été gaspillé par le gouvernement qui privilégie les seules exigences de Renault et de PSA, mais oublie les autres acteurs de la filière: il est particulièrement choquant que l'augmentation du fond d'aide aux sous-traitants représente moins de 5 % de l'enveloppe totale.

Parce qu'elles reposent sur une analyse partiale de la crise, les annonces du président de la République auront hélas des résultats partiels.

Comme pour les banques, des milliards d'euros sont prêtés à de grands groupes sans réelles contreparties - et même avec des avantages supplémentaires comme la suppression de la taxe professionnelle décidée sans concertation avec les collectivités.

Ce soutien aux constructeurs, nécessaire pour faire face au manque de liquidités et pour enfin préparer l'avenir, fait en réalité une double impasse : il ne répond en rien à l'urgence qui frappe la filière dans son ensemble (constructeurs, mais aussi équipementiers, fournisseurs, distributeurs et leurs salariés) ; il n'engage pas la réorientation de l'industrie automobile vers le développement durable.

Nous demandons une véritable stratégie pour l'automobile. Le gouvernement persiste à ignorer les propositions que le Parti socialiste a présentées le 26 janvier dernier, dont certaines sont pourtant urgentes :

  • pour les salariés : l'indemnisation du chômage partiel doit être augmentée de 50 % à 80 % du salaire et rendue accessible aux salariés à temps partiel ; les périodes de non activité doivent être mises à profit pour favoriser la formation individuelle, qualifiante et rémunérée ; l'amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité et la limitation du recours aux contrats précaires doivent être imposées en contrepartie du soutien de l'Etat.
  • pour les PME : les constructeurs qui bénéficient de l’aide publique doivent s’engager à réduire leurs délais de paiement et à stabiliser en les pérennisant leurs volumes de commandes. Ils doivent aussi s'engager sur l'activité de leurs fournisseurs exclusifs.
  • pour les consommateurs : la transparence doit enfin devenir la règle. Chaque consommateur doit pouvoir être informé, pour tout véhicule en vente, de la performance environnementale, de la localisation de la production et de l’origine, s’il y en a, des aides publiques.
  • pour l’innovation et le développement durable : en contrepartie de l'aide de l'Etat, les grands groupes doivent s'engager à maintenir leur effort de recherche et à le réorienter massivement vers la fabrication des voitures propres, conçues et produites sur des sites industriels français ou européens.
  • pour une répartition plus juste de la richesse : plutôt que de se contenter de promesses verbales, l'Etat doit limiter par la loi les bonus des dirigeants et les dividendes des actionnaires.

Une fois de plus, le gouvernement SARKOZY-FILLON distribue les deniers publics aux grands groupes sans donner la priorité aux PME et aux salariés. Les aides publiques aux constructeurs sont massives, les contreparties qui leur sont fixées sont évasives. Ces milliards auront un coût pour le contribuable : le Parti socialiste demande que cet argent soit distribué de manière efficace et utile, d’abord à ceux qui en ont le plus besoin.

 

 

10.02.2009

Réaction du Parti Socialiste sur la suppression de l'allocation de fin de formation

Communiqué d'Alain VIDALIES, Secrétaire national au Travail et à l’Emploi, et de Pascale GERARD, Secrétaire nationale à la Formation Professionnelle

 

La suppression de l'allocation de fin de formation est révélatrice de la rupture entre les discours et les actes du gouvernement. Cette allocation créée par la loi du 17 juillet 2001 permettait aux demandeurs d'emploi de continuer à être indemnisés au-delà de leurs droits à l'assurance chômage jusqu'au terme de la formation prescrite par l'ANPE. Or, l'article 188 de la loi de finance pour 2009 supprime cette allocation et les 150 millions d'euros nécessaires à son financement.

En pleine crise économique, au moment où le chômage explose, cette décision est tout simplement scandaleuse. Les 22 000 demandeurs d'emplois qui bénéficient en moyenne chaque année de cette possibilité d'accéder à une formation se trouvent aujourd'hui privés de cette chance d'accéder à un emploi qualifié. Cette décision est d'autant plus inadmissible que ces formations étaient validées par l'ANPE pour répondre aux besoins de professions en tension notamment la profession d'infirmier.

Le Parti socialiste demande au gouvernement de revenir en urgence sur cette suppression et au contraire d'abonder les crédits nécessaires pour renforcer les possibilités d'accès à ces formations qualifiantes pour les demandeurs d'emploi.

 

 

05.02.2009

L’agriculture de proximité, un défi pour la Région Ile de France

carte_78.JPGPas de référence à la croissance verte dans la présentation du plan de relance de l’économie que le Premier ministre François Fillon a décliné lundi. Beaucoup pour l'automobile, peu pour les transports en commun, on est loin du Grenelle de l'environnement ! Au même moment la région Ile-de-France et son conseil social et économique mettent lune de leurs priorités sur le développement d’une agriculture locale.

Comment préserver, développer et promouvoir l’agriculture de proximité en Ile-de-France ? Plus de 400 professionnels franciliens en ont donc débattu mardi à Paris, autour de thèmes aussi variés que les problématiques foncières, les nouveaux marchés ou encore les circuits de distribution, lors d’un colloque organisé par le Conseil social et économique d’IDF autour du thème L ‘agriculture de proximité : un remarquable enjeu pour les territoires et les terroirs d’Ile-de-France.

Lire le dossier du colloque sur le site du conseil social et économique d’IDF.

 

Le journal Metro y consacre aussi un article

metro-logo-190x64.gifLe conseil économique et social d’Ile-de-France met la priorité sur le développement d’une agriculture locale.

A la fois la deuxième plus petite région de France et la plus peuplée, l’Ile-de-France est plus souvent associée à l’urbain et à l’industrie qu’à l’agriculture. « Y compris dans la tête des Franciliens », comme l’a souligné hier le président de la Région, Jean-Paul Huchon, lors de l’ouverture d’un colloque organisé par le conseil social et économique d’IDF autour du thème « L ‘agriculture de proximité : un remarquable enjeu pour les territoires et les terroirs d’Ile-de-France ». Or, « l’agriculture de proximité est un secteur économique d’avenir pour notre région », a-t-il souligné.

Des opportunités…

Face au dérèglement climatique et à la crise énergétique que laisse entrevoir l’épuisement des ressources de pétrole, consommer locale devient une stratégie d’adaptation. Il y a d’ailleurs « une véritable attente de la part des consommateurs attentifs à la question des kilomètres parcourus par le produit, à son bilan carbone », a expliqué Philippe Mauguin, directeur régional et interdépartemental de l’agriculture et de la forêt d’Ile de France (DRIAAF). Par ailleurs, de nouveaux marchés pour les énergies dérivées de la biomasse (paille, bois, effluents d’élevage) s’ouvrent. Sans oublier qu’avec plus de 11 millions d’habitants l’Ile-de-France est le premier bassin de consommation du pays.

… et des obstacles

C’est ce marché qui a fait de l’Ile-de-France la première région horticole et maraîchère de France jusqu’à la fin du XIXe siècle. Puis, le déclin. « 100.000 hectares de terres fertiles ont disparu en l’espace de 50 ans au profit de l’expansion urbaine », a affirmé Jean-Claude Boucherat, président du CESR d’IDF (aujourd’hui la superficie agricole utilisée correspond à 576 300 ha). Entre 1970 et 2005, le nombre des exploitations a chuté de 14.000 à 5.600 pour s'établir aujourd'hui aux environs de 5.000. L’urbanisation est aujourd’hui le premier concurrent du développement d’une agriculture de proximité. Les nouveaux agriculteurs ont de grosses difficultés à s'installer car les terres agricoles sont rares et chères et le bio ne représente pour l'heure que 0,8% des terres cultivées (contre environ 2% sur le territoire national). Un défi auquel les communautés locales devront répondre au plus vite, avant que le béton ne gagne du terrain.

 

L’agriculture francilienne en quelques chiffres

L’espace agricole couvre près de 50 % du territoire francilien et comptait en 2005, 5 600 exploitations agricoles dont les trois-quarts concentrent 93 % des actifs, soit 0,1 % des Franciliens. Cette présence agricole certes modeste représente cependant un poids réel. Sur 1,8 % des superficies agricoles françaises l’Ile-de-France assure 1,7 % de la production agricole française, 12 % de la production française des cultures industrielles (colza, betteraves…), 4 à 5 % des céréales, 6 à 7 % en valeur des fleurs et pépinières et 4 à 5 % des légumes. L’Ile-de-France est la 2ème région productrice de plantes en pot, la 4ème pour la pépinière. En maraîchage, elle est la 1ère pour le cresson et très bien placée pour les cultures de persil, d’oignons, de salades.

Dans les Yvelines, le plus grand département agricole d'Ile de France Ouest, on compte environ 90 000 hectares de terres arables (soit 43 % du territoire), plus de 1 200 exploitations (principales cultures : Céréales , Colza et  Pois protéagineux ) Mais la population active agricole est réduite : environ 2000 chefs d’exploitation et leurs familles, et environ 1000 salariés permanents, soit au total un peu moins de 0,5 % de la population active. (Voir les données 2007 sur http://www.yvelines.equipement.gouv.fr/article.php3?id_ar...

04.02.2009

Planning Familial: Martine Aubry appelle Rosine Bachelot à rétablir les crédits des plannings familiaux

logo planning familial.jpgMartine Aubry a appelé mardi Roselyne Bachelot à "se battre" pour rétablir les crédits des plannings familiaux qui devraient être réduits de "42% dans le budget 2009".

Pour soutenir le Planning Familial et défendre le droit à l'information, à l'éducation, à la sexualité, pour toutes et pour tous, signez la pétition. Vous pouvez également télécharger la pétition au format .pdf ici.

 

afp_logo.gifCi-dessous le communiqué AFP du 3 février :

La première secrétaire du PS Martine Aubry a appelé mardi Roselyne Bachelot à "se battre" pour rétablir les crédits des plannings familiaux qui devraient être réduits de "42% dans le budget 2009".

"J'ai écrit à la ministre de la Santé et j'ai signé la pétition" lancée par le Mouvement français pour le planning familial (MFPF), a affirmé Mme Aubry, en visitant son centre parisien.

Connaissant Roselyne Bachelot, "je me dis qu'elle se battra pour remettre ces crédits. En tant que femme et en tant que ministre de la Santé, elle connaît trop les dégâts qui sont causés quand les plannings familiaux n'existent pas", a ajouté la maire de Lille.

"Le combat des femmes n'est jamais acquis", "il faut toujours être là pour expliquer que la femme a le droit de disposer de son corps et d'avoir une sexualité libre et voulue", selon Mme Aubry qui, comme ministre, avait prolongé de 10 à 12 semaines le délai pour une IVG.

La réduction des subventions va "mettre en péril un tiers" des 70 centres du planning qui "accompagnent les femmes les plus en difficulté", a-t-elle dénoncé.

Cette décision, selon elle, suit "une stricte logique budgétaire. On prend les lignes et on diminue, après avoir diminué l'impôt des plus riches".

Interrogée sur un lien entre cette décision et un retour à "un ordre moral" Mme Aubry a répondu: "je n'irai pas jusque là car, pour l'instant, nous n'avons pas eu le discours qui accompagne" cette mesure.

La pétition en ligne du planning familial a recueilli 43.378 signatures, selon une responsable de l'association.

(©AFP / 03 février 2009 17h46)

03.02.2009

"Une politique totalement incohérente"

logo-liberation.jpgRELANCE - Trois questions à Pierre-Alain Muet, député socialiste du Rhône, ancien directeur du département "économétrie" de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), puis conseiller de Lionel Jospin à Matignon, chargé de la "stratégie économique". Il réagit aux annonces de Français Fillon précisant lundi matin à Lyon l'utilisation des 26 milliards du plan de relance...

Que vous inspire le plan dévoilé ce matin par le Premier ministre ?

Pierre-Alain Muet : Le montant est selon moi d'à peine 6 milliards d'euros pour 2009, et non 26 milliards. Pour le reste, on retrouve des budgets qui avaient été gelés et qui viennent d'être dégelés. Sur la philosophie, j'ai déjà eu l'occasion de le dire : c'est un plan qui ne prend pas du tout la mesure de la crise. Les problème au coeur de la crise sont les problèmes d'emploi et de pouvoir d'achat. Or le plan n'y répond absolument pas.Pour l'instant, il prépare un plan de licenciement massif dans le secteur public. Il s'apprête à supprimer dans l'année 30.000 emplois dans la fonction publique, 20.000 dans le secteur hospitalier. C'est une politique totalement incohérente. Ma conviction profonde est que, tôt au tard, le gouvernement sera obligé de répondre en de prendre des mesures pour l'emploi et le pouvoir d'achat.

François FIllon répond qu'il est "irresponsable" de relancer par le pouvoir d'achat et que les tentatives ont mené à des "catastrophes". La relance par le pouvoir d'achat, notamment profite selon lui à l'épargne, pas à l'économie...

P-A.M. : C'est totalement absurde. Il compare avec 1981 or nous ne sommes plus du tout dans le même contexte. Nous sommes dans une union monétaire qui n'existait pas à l'époque. Concernant le pouvoir d'achat, il faut soutenir les ménages les plus modestes. On sait que ceux-là n'épargeront pas mais consommeront.

Les mesures en faveur des collectivités trouvent-elles plus grâce à vos yeux ?

P-A. M. : Agir sur le fonds de compensation de la TVA ne suffit pas. De nombreuses collectivités ne sont en effet pas concernées. Les communautés urbaines par exemple. Il faudrait plutôt que le gouvernement permettent aux collectivités d'investir pour soutenir la relance en arrêtant de sous-indexer leurs dotations comme il le fait.

Propos de Pierre-Alain Muet recueillis par Ol.B.

02.02.2009

Le nombre de chômeurs a augmenté de 11,4% en 2008

cherche-chomage-19fd9.gifLe service statistique du ministère de l'Emploi (Dares) a publié aujourd'hui le nombre de demandeurs d'emploi inscrits au chômage en catégorie 1, le baromètre de référence. En 1 an, ces chômeurs ont augmenté de 11,4% par rapport à décembre, atteignant 2,11 millions fin décembre. La hausse de décembre est particulièrement forte : 45 800 chômeurs de plus !!! La hausse touche aussi bien les hommes (+16,3%), les femmes (+6,4%), les jeunes (+19,5%) ou les 50 ans et plus (+8,8%). Décembre a constitué le huitième mois d'affilée de hausse du nombre de chômeurs.

Et les prévisions économiques pour 2009 n'augurent rien de bon sur le front de l'emploi ! A ces craintes s'ajoutent les incertitudes sur le projet d'indemnisation du chômage, qui a pour principal défaut de prévoir, en pleine accélération du chômage, la baisse des cotisations, d'où l’absence d’amélioration de la couverture chômage, les entrées de précaires dans le régime (+ 70 000) étant "payées" par des réductions de durée d’indemnisation pour les chômeurs avec plus d'ancienneté dont on réduira ainsi les droits (- 200 000).

Des mesures d'urgence doivent être prises comme nous le demandons dans notre Plan de relance "agir contre la crise"

Ainsi dans l’immédiat, il faut garantir l'indemnisation, le reclassement, la reconversion et le suivi individualisé de l'ensemble des victimes de restructurations, ces mesures préfigurant la sécurité sociale professionnelle que nous souhaitons bâtir après une large concertation avec les partenaires sociaux.

1) Une augmentation de la durée et de l'indemnisation du chômage partiel (création d'un chômage partiel prolongé)

La crise qui menace l'emploi de centaines de milliers de salariés justifie la création dans l'urgence et à titre exceptionnel d'un chômage partiel prolongé. L'objectif est d'éviter les licenciements et de mettre à profit ces périodes pour renforcer la formation des salariés contraints à l'inactivité.

Nous proposons :

– La possibilité de mise en œuvre, sur les 18 prochains mois, d’un chômage partiel prolongé de 800 heures supplémentaires au-delà de 800 heures annuelles ;

– La soumission de cette prolongation du chômage partiel à un avis conforme du comité d'entreprise ;

– L’élévation de l’indemnisation des salariés, pendant cette période, à 80% du salaire. La participation des entreprises restera identique à celle prévue par le chômage partiel de droit commun, et l'État prendra en charge le complément de rémunération.

– La mise en oeuvre prioritaire et obligatoire, à la demande des salariés, des heures de droit individuel à la formation (dont 80% ne sont aujourd’hui pas utilisées).

2) L'amélioration de l'indemnisation des salariés victimes d'un licenciement économique, préfiguration de la mise en oeuvre d'une véritable sécurité sociale professionnelle

Les salariés licenciés pour motif économique sont les premières victimes de la crise. L'allongement de la durée d'indemnisation en raison des difficultés manifestes de retour à l'emploi s'inscrivent dans les objectifs du "Manifesto" adopté par le Parti Socialiste Européen.

Nous proposons que les règles propres au contrat de transition professionnelle et à la convention de reclassement personnalisé soient unifiées, généralisées à tout le pays et que la durée d'indemnisation soit provisoirement portée à deux ans avec maintien d'une indemnisation à 80% du salaire pendant cette période.

L'augmentation des chiffres du chômage révèle que les salariés les plus exposés sont les titulaires d'un contrat à durée déterminée ou en mission d'intérim. Lorsque vient le temps du licenciement économique, ils ont déjà quitté l'entreprise. Les difficultés du marché du travail et, la durée limitée de leurs indemnités comme demandeurs d'emploi méritent une attention particulière au risque d'exclusion sociale de ces travailleurs lorsqu'ils auront épuisé leurs droits auprès de l'UNEDIC.

Pour combattre ce processus, nous proposons qu'à titre exceptionnel et pendant 24 mois, ces salariés inscrits à l'ANPE suite à une fin de CDD ou de mission d'intérim bénéficient d'une prolongation de six mois de leur indemnisation lorsque leurs droits arrivent à échéance pendant cette période. Ces droits supplémentaires seront pris en charge par l'État, et ne remettront pas en cause le paritarisme dans la gestion de l’Unedic et l’équilibre auquel sont susceptibles de parvenir les partenaires sociaux.

 

LIRE ICI LE COMMUNIQUE DE MARTINE AUBRY ET AMAIN VIDALIES.