02.02.2009
Le nombre de chômeurs a augmenté de 11,4% en 2008
Le service statistique du ministère de l'Emploi (Dares) a publié aujourd'hui le nombre de demandeurs d'emploi inscrits au chômage en catégorie 1, le baromètre de référence. En 1 an, ces chômeurs ont augmenté de 11,4% par rapport à décembre, atteignant 2,11 millions fin décembre. La hausse de décembre est particulièrement forte : 45 800 chômeurs de plus !!! La hausse touche aussi bien les hommes (+16,3%), les femmes (+6,4%), les jeunes (+19,5%) ou les 50 ans et plus (+8,8%). Décembre a constitué le huitième mois d'affilée de hausse du nombre de chômeurs.
Et les prévisions économiques pour 2009 n'augurent rien de bon sur le front de l'emploi ! A ces craintes s'ajoutent les incertitudes sur le projet d'indemnisation du chômage, qui a pour principal défaut de prévoir, en pleine accélération du chômage, la baisse des cotisations, d'où l’absence d’amélioration de la couverture chômage, les entrées de précaires dans le régime (+ 70 000) étant "payées" par des réductions de durée d’indemnisation pour les chômeurs avec plus d'ancienneté dont on réduira ainsi les droits (- 200 000).
Des mesures d'urgence doivent être prises comme nous le demandons dans notre Plan de relance "agir contre la crise"
Ainsi dans l’immédiat, il faut garantir l'indemnisation, le reclassement, la reconversion et le suivi individualisé de l'ensemble des victimes de restructurations, ces mesures préfigurant la sécurité sociale professionnelle que nous souhaitons bâtir après une large concertation avec les partenaires sociaux.
1) Une augmentation de la durée et de l'indemnisation du chômage partiel (création d'un chômage partiel prolongé)
La crise qui menace l'emploi de centaines de milliers de salariés justifie la création dans l'urgence et à titre exceptionnel d'un chômage partiel prolongé. L'objectif est d'éviter les licenciements et de mettre à profit ces périodes pour renforcer la formation des salariés contraints à l'inactivité.
Nous proposons :
– La possibilité de mise en œuvre, sur les 18 prochains mois, d’un chômage partiel prolongé de 800 heures supplémentaires au-delà de 800 heures annuelles ;
– La soumission de cette prolongation du chômage partiel à un avis conforme du comité d'entreprise ;
– L’élévation de l’indemnisation des salariés, pendant cette période, à 80% du salaire. La participation des entreprises restera identique à celle prévue par le chômage partiel de droit commun, et l'État prendra en charge le complément de rémunération.
– La mise en oeuvre prioritaire et obligatoire, à la demande des salariés, des heures de droit individuel à la formation (dont 80% ne sont aujourd’hui pas utilisées).
2) L'amélioration de l'indemnisation des salariés victimes d'un licenciement économique, préfiguration de la mise en oeuvre d'une véritable sécurité sociale professionnelle
Les salariés licenciés pour motif économique sont les premières victimes de la crise. L'allongement de la durée d'indemnisation en raison des difficultés manifestes de retour à l'emploi s'inscrivent dans les objectifs du "Manifesto" adopté par le Parti Socialiste Européen.
Nous proposons que les règles propres au contrat de transition professionnelle et à la convention de reclassement personnalisé soient unifiées, généralisées à tout le pays et que la durée d'indemnisation soit provisoirement portée à deux ans avec maintien d'une indemnisation à 80% du salaire pendant cette période.
L'augmentation des chiffres du chômage révèle que les salariés les plus exposés sont les titulaires d'un contrat à durée déterminée ou en mission d'intérim. Lorsque vient le temps du licenciement économique, ils ont déjà quitté l'entreprise. Les difficultés du marché du travail et, la durée limitée de leurs indemnités comme demandeurs d'emploi méritent une attention particulière au risque d'exclusion sociale de ces travailleurs lorsqu'ils auront épuisé leurs droits auprès de l'UNEDIC.
Pour combattre ce processus, nous proposons qu'à titre exceptionnel et pendant 24 mois, ces salariés inscrits à l'ANPE suite à une fin de CDD ou de mission d'intérim bénéficient d'une prolongation de six mois de leur indemnisation lorsque leurs droits arrivent à échéance pendant cette période. Ces droits supplémentaires seront pris en charge par l'État, et ne remettront pas en cause le paritarisme dans la gestion de l’Unedic et l’équilibre auquel sont susceptibles de parvenir les partenaires sociaux.
LIRE ICI LE COMMUNIQUE DE MARTINE AUBRY ET AMAIN VIDALIES.
19:55 Publié dans Au Parti Socialiste, Emploi, NOS PROPOSITIONS | Lien permanent | Envoyer cette note






Les commentaires sont fermés.