05.02.2009

L’agriculture de proximité, un défi pour la Région Ile de France

carte_78.JPGPas de référence à la croissance verte dans la présentation du plan de relance de l’économie que le Premier ministre François Fillon a décliné lundi. Beaucoup pour l'automobile, peu pour les transports en commun, on est loin du Grenelle de l'environnement ! Au même moment la région Ile-de-France et son conseil social et économique mettent lune de leurs priorités sur le développement d’une agriculture locale.

Comment préserver, développer et promouvoir l’agriculture de proximité en Ile-de-France ? Plus de 400 professionnels franciliens en ont donc débattu mardi à Paris, autour de thèmes aussi variés que les problématiques foncières, les nouveaux marchés ou encore les circuits de distribution, lors d’un colloque organisé par le Conseil social et économique d’IDF autour du thème L ‘agriculture de proximité : un remarquable enjeu pour les territoires et les terroirs d’Ile-de-France.

Lire le dossier du colloque sur le site du conseil social et économique d’IDF.

 

Le journal Metro y consacre aussi un article

metro-logo-190x64.gifLe conseil économique et social d’Ile-de-France met la priorité sur le développement d’une agriculture locale.

A la fois la deuxième plus petite région de France et la plus peuplée, l’Ile-de-France est plus souvent associée à l’urbain et à l’industrie qu’à l’agriculture. « Y compris dans la tête des Franciliens », comme l’a souligné hier le président de la Région, Jean-Paul Huchon, lors de l’ouverture d’un colloque organisé par le conseil social et économique d’IDF autour du thème « L ‘agriculture de proximité : un remarquable enjeu pour les territoires et les terroirs d’Ile-de-France ». Or, « l’agriculture de proximité est un secteur économique d’avenir pour notre région », a-t-il souligné.

Des opportunités…

Face au dérèglement climatique et à la crise énergétique que laisse entrevoir l’épuisement des ressources de pétrole, consommer locale devient une stratégie d’adaptation. Il y a d’ailleurs « une véritable attente de la part des consommateurs attentifs à la question des kilomètres parcourus par le produit, à son bilan carbone », a expliqué Philippe Mauguin, directeur régional et interdépartemental de l’agriculture et de la forêt d’Ile de France (DRIAAF). Par ailleurs, de nouveaux marchés pour les énergies dérivées de la biomasse (paille, bois, effluents d’élevage) s’ouvrent. Sans oublier qu’avec plus de 11 millions d’habitants l’Ile-de-France est le premier bassin de consommation du pays.

… et des obstacles

C’est ce marché qui a fait de l’Ile-de-France la première région horticole et maraîchère de France jusqu’à la fin du XIXe siècle. Puis, le déclin. « 100.000 hectares de terres fertiles ont disparu en l’espace de 50 ans au profit de l’expansion urbaine », a affirmé Jean-Claude Boucherat, président du CESR d’IDF (aujourd’hui la superficie agricole utilisée correspond à 576 300 ha). Entre 1970 et 2005, le nombre des exploitations a chuté de 14.000 à 5.600 pour s'établir aujourd'hui aux environs de 5.000. L’urbanisation est aujourd’hui le premier concurrent du développement d’une agriculture de proximité. Les nouveaux agriculteurs ont de grosses difficultés à s'installer car les terres agricoles sont rares et chères et le bio ne représente pour l'heure que 0,8% des terres cultivées (contre environ 2% sur le territoire national). Un défi auquel les communautés locales devront répondre au plus vite, avant que le béton ne gagne du terrain.

 

L’agriculture francilienne en quelques chiffres

L’espace agricole couvre près de 50 % du territoire francilien et comptait en 2005, 5 600 exploitations agricoles dont les trois-quarts concentrent 93 % des actifs, soit 0,1 % des Franciliens. Cette présence agricole certes modeste représente cependant un poids réel. Sur 1,8 % des superficies agricoles françaises l’Ile-de-France assure 1,7 % de la production agricole française, 12 % de la production française des cultures industrielles (colza, betteraves…), 4 à 5 % des céréales, 6 à 7 % en valeur des fleurs et pépinières et 4 à 5 % des légumes. L’Ile-de-France est la 2ème région productrice de plantes en pot, la 4ème pour la pépinière. En maraîchage, elle est la 1ère pour le cresson et très bien placée pour les cultures de persil, d’oignons, de salades.

Dans les Yvelines, le plus grand département agricole d'Ile de France Ouest, on compte environ 90 000 hectares de terres arables (soit 43 % du territoire), plus de 1 200 exploitations (principales cultures : Céréales , Colza et  Pois protéagineux ) Mais la population active agricole est réduite : environ 2000 chefs d’exploitation et leurs familles, et environ 1000 salariés permanents, soit au total un peu moins de 0,5 % de la population active. (Voir les données 2007 sur http://www.yvelines.equipement.gouv.fr/article.php3?id_ar...

21.10.2008

Le PS vote pour le projet de loi sur le Grenelle de l'environnement

Éclipsé par la crise financière, le débat sur la loi du ministre de l'Écologie a fait émerger un consensus à l'Assemblée nationale : les députés socialistes ont décidé mardi, à l'unanimité, de voter pour le projet de loi de mise en œuvre du Grenelle de l'environnement lors du scrutin solennel de mardi après-midi.

Les socialistes ont été satisfaits de l'adoption de 150 amendements déposés par leur groupe lors du débat de la semaine dernière. Ils souhaitent néanmoins que l'hypothèque du financement des mesures soit levée lors de l'examen du budget 2009. Attachés à défendre le compromis du «Grenelle» négocié avec les ONG, les Verts hésitent entre abstention et vote pour. «Cela ne suffit pas, mais je prends quand même», assure François de Rugy, député Vert de Loire-Atlantique.

"C'est un texte qui doit être voté pour donner de la force à la France dans les négociations internationales", a dit Philippe Martin, député du Gers. En effet en bouclant ce débat avant le week-end, Borloo a pu aborder, lundi, en position de force ses collègues européens, réunis à Luxembourg, pour trouver un compromis sur le paquet climat-énergie.

Ce que dit notre motion : agir avant qu’il ne soit trop tard

Les approches traditionnelles de la gauche sont remises en cause par les chocs écologiques de grande ampleur qui marquent l’entrée dans le nouveau millénaire. L’épuisement des ressources fossiles impose une gestion durable des ressources et une notion de responsabilité vis-à-vis des générations futures. Dans les années qui viennent, nous aurons à inventer le monde de l’après-pétrole.

La dégradation de la biosphère fait déjà sentir ses effets. La saison des ouragans devient chaque année plus meurtrière et destructrice. Les océans continuent de monter. Des mécanismes irréversibles sont engagés, comme la fonte des terres gelées de l’hémisphère nord. Il faut agir. La préparation de l’après Kyoto nous en donne l’occasion. Nous militons pour des réponses fortes et nous ne reculons devant aucune solution.

Ces périls imposent également une révision drastique des processus productifs. Ils invitent à reconsidérer plus globalement la hiérarchie même des besoins dans notre société, à sortir du réflexe matérialiste et consumériste pour redéfinir le modèle de développement. L’émergence des nouveaux risques - nucléaires, alimentaires, génétiques – liés, eux aussi, à l’action de l’homme rappelle la nécessité d’une maîtrise collective et démocratique du progrès scientifique et technique.

Nos propositions : Faire entrer l’écologie dans l’ensemble de nos politiques

  • Nous soutenons l’initiative de la commission environnement de l’ONU d’écrire une nouvelle déclaration des droits de l’homme qui soit à la fois solidaire et écologique
  • Nous voulons privilégier les modes doux de transport : – notamment le tramway, le tram-train –, le transport combiné de marchandises limitant la route aux derniers kilomètres, les modes innovants de transport – comme les vélos en ville, les navettes fluviales, l’auto-partage, le covoiturage –, et en réduisant au maximum la pollution des automobiles par le développement des moteurs hybrides.
  • La préservation du foncier est un enjeu majeur pour les générations futures. Les Etablissements Publics Fonciers Régionaux devront être généralisés pour mieux juguler l’étalement urbain
  • Il faut faire rentrer le développement durable dans les règles et les pratiques d’urbanisme : systématisation des éco-quartiers, gestion intégrée des eaux pluviales, réduction de l’imperméabilisation des zones urbaines, systèmes localisés de production et de distribution de chaleur et d’électricité à partir d’énergies renouvelables -géothermie, biogaz, biomasse …
  • Il faut favoriser les logements à basse consommation d’énergie et ceux qui produisent leur propre énergie, par des aides publiques augmentées et revues pour permettre à tous d’en bénéficier (aujourd’hui, les réductions d’impôts bénéficient aux plus aisés).
  • le potentiel de création d’emploi doit être pleinement exploité : recyclage, éco-conception, réemploi, valorisation énergétique des matières organiques sous forme de biogaz et de compost, implantation de centres de récupération dans toutes les régions ; extension de la collecte des produits recyclables.
  • l’agriculture biologique ou raisonnée doit être favorisée en aidant aux reconversions de cultures, en soutenant la recherche agronomique, en réduisant l’usage des pesticides et des engrais de synthèse par une taxation au profit de la chimie verte.
  • L’Etat devra montrer l’exemple par la commande publique, en généralisant les achats responsables qui devront comporter systématiquement des clauses environnementales
  • S’agissant du nucléaire, le fonctionnement et le renouvellement de la filière, dans notre pays, doivent se faire, tout en réduisant sa part dans la production d’électricité, qui est indéniablement trop élevée. Simultanément, le programme de maîtrise des déchets doit être amplifié et le pouvoir d’une autorité de sûreté indépendante renforcé.
  • Au niveau national et européen, une véritable politique industrielle pour les produits technologiques propres doit être mise en œuvre. Il faut aussi repenser les modes de production et de distribution pour favoriser la qualité et la proximité.
  • Nous voulons promouvoir une nouvelle fiscalité écologique, progressive, qui répercute le coût des pollutions et régule le système économique en permettant à la fois l’atténuation du choc du changement pour les plus modestes et l’adaptation nécessaire de nos modes de production et de consommation. Par exemple en affectant le produit de cette fiscalité en priorité au financement d’aides à l’isolation ou de transports en commun.
  • Au plan européen, nous prônons la constitution d’une coopération renforcée dans le domaine de l’énergie jouant le rôle qui a été celui de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier(CECA). Cette coopération permettra à l’Europe de parler d’une seule voix face aux pays producteurs, de mutualiser les approvisionnements et d’élaborer en commun notre stratégie énergétique à long terme. Nous lançons aussi l’idée d’une Communauté Européenne de la Recherche et l’Innovation, en s’appuyant sur l’outil des coopérations renforcées avec les pays qui le souhaitent.
  • La politique agricole commune doit être refondée pour répondre aux défis du présent. Elle doit prendre en compte des objectifs nouveaux comme le droit à une alimentation de qualité, la santé humaine et animale, l’aménagement du territoire et l’environnement.
  • L’Europe doit peser dans les instances internationales pour défendre notre volonté d’un nouveau modèle de développement. Cette exigence environnementale devra également être intégrée dans les négociations européennes avec nos partenaires (Etats-Unis, Chine, Brésil, Russie notamment).