11.02.2009

Automobile : tout pour les constructeurs, rien ou presque pour les autres acteurs

Communiqué de Guillaume BACHELAY, Secrétaire national à la politique industrielle, aux entreprises et aux nouvelles technologies

 

L'automobile subit de plein fouet la crise : des sous-traitants licencient ou ferment; des salariés sont mis au chômage partiel, incités au départ ou licenciés ; les collectivités territoriales doivent répondre à l'impact social et financier de la tourmente qui frappe le secteur.

Depuis plusieurs mois, syndicats, chefs d'entreprise, élus locaux tirent la sonnette d'alarme. Un temps précieux a été gaspillé par le gouvernement qui privilégie les seules exigences de Renault et de PSA, mais oublie les autres acteurs de la filière: il est particulièrement choquant que l'augmentation du fond d'aide aux sous-traitants représente moins de 5 % de l'enveloppe totale.

Parce qu'elles reposent sur une analyse partiale de la crise, les annonces du président de la République auront hélas des résultats partiels.

Comme pour les banques, des milliards d'euros sont prêtés à de grands groupes sans réelles contreparties - et même avec des avantages supplémentaires comme la suppression de la taxe professionnelle décidée sans concertation avec les collectivités.

Ce soutien aux constructeurs, nécessaire pour faire face au manque de liquidités et pour enfin préparer l'avenir, fait en réalité une double impasse : il ne répond en rien à l'urgence qui frappe la filière dans son ensemble (constructeurs, mais aussi équipementiers, fournisseurs, distributeurs et leurs salariés) ; il n'engage pas la réorientation de l'industrie automobile vers le développement durable.

Nous demandons une véritable stratégie pour l'automobile. Le gouvernement persiste à ignorer les propositions que le Parti socialiste a présentées le 26 janvier dernier, dont certaines sont pourtant urgentes :

  • pour les salariés : l'indemnisation du chômage partiel doit être augmentée de 50 % à 80 % du salaire et rendue accessible aux salariés à temps partiel ; les périodes de non activité doivent être mises à profit pour favoriser la formation individuelle, qualifiante et rémunérée ; l'amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité et la limitation du recours aux contrats précaires doivent être imposées en contrepartie du soutien de l'Etat.
  • pour les PME : les constructeurs qui bénéficient de l’aide publique doivent s’engager à réduire leurs délais de paiement et à stabiliser en les pérennisant leurs volumes de commandes. Ils doivent aussi s'engager sur l'activité de leurs fournisseurs exclusifs.
  • pour les consommateurs : la transparence doit enfin devenir la règle. Chaque consommateur doit pouvoir être informé, pour tout véhicule en vente, de la performance environnementale, de la localisation de la production et de l’origine, s’il y en a, des aides publiques.
  • pour l’innovation et le développement durable : en contrepartie de l'aide de l'Etat, les grands groupes doivent s'engager à maintenir leur effort de recherche et à le réorienter massivement vers la fabrication des voitures propres, conçues et produites sur des sites industriels français ou européens.
  • pour une répartition plus juste de la richesse : plutôt que de se contenter de promesses verbales, l'Etat doit limiter par la loi les bonus des dirigeants et les dividendes des actionnaires.

Une fois de plus, le gouvernement SARKOZY-FILLON distribue les deniers publics aux grands groupes sans donner la priorité aux PME et aux salariés. Les aides publiques aux constructeurs sont massives, les contreparties qui leur sont fixées sont évasives. Ces milliards auront un coût pour le contribuable : le Parti socialiste demande que cet argent soit distribué de manière efficace et utile, d’abord à ceux qui en ont le plus besoin.

 

 

10.02.2009

Réaction du Parti Socialiste sur la suppression de l'allocation de fin de formation

Communiqué d'Alain VIDALIES, Secrétaire national au Travail et à l’Emploi, et de Pascale GERARD, Secrétaire nationale à la Formation Professionnelle

 

La suppression de l'allocation de fin de formation est révélatrice de la rupture entre les discours et les actes du gouvernement. Cette allocation créée par la loi du 17 juillet 2001 permettait aux demandeurs d'emploi de continuer à être indemnisés au-delà de leurs droits à l'assurance chômage jusqu'au terme de la formation prescrite par l'ANPE. Or, l'article 188 de la loi de finance pour 2009 supprime cette allocation et les 150 millions d'euros nécessaires à son financement.

En pleine crise économique, au moment où le chômage explose, cette décision est tout simplement scandaleuse. Les 22 000 demandeurs d'emplois qui bénéficient en moyenne chaque année de cette possibilité d'accéder à une formation se trouvent aujourd'hui privés de cette chance d'accéder à un emploi qualifié. Cette décision est d'autant plus inadmissible que ces formations étaient validées par l'ANPE pour répondre aux besoins de professions en tension notamment la profession d'infirmier.

Le Parti socialiste demande au gouvernement de revenir en urgence sur cette suppression et au contraire d'abonder les crédits nécessaires pour renforcer les possibilités d'accès à ces formations qualifiantes pour les demandeurs d'emploi.

 

 

02.02.2009

Le nombre de chômeurs a augmenté de 11,4% en 2008

cherche-chomage-19fd9.gifLe service statistique du ministère de l'Emploi (Dares) a publié aujourd'hui le nombre de demandeurs d'emploi inscrits au chômage en catégorie 1, le baromètre de référence. En 1 an, ces chômeurs ont augmenté de 11,4% par rapport à décembre, atteignant 2,11 millions fin décembre. La hausse de décembre est particulièrement forte : 45 800 chômeurs de plus !!! La hausse touche aussi bien les hommes (+16,3%), les femmes (+6,4%), les jeunes (+19,5%) ou les 50 ans et plus (+8,8%). Décembre a constitué le huitième mois d'affilée de hausse du nombre de chômeurs.

Et les prévisions économiques pour 2009 n'augurent rien de bon sur le front de l'emploi ! A ces craintes s'ajoutent les incertitudes sur le projet d'indemnisation du chômage, qui a pour principal défaut de prévoir, en pleine accélération du chômage, la baisse des cotisations, d'où l’absence d’amélioration de la couverture chômage, les entrées de précaires dans le régime (+ 70 000) étant "payées" par des réductions de durée d’indemnisation pour les chômeurs avec plus d'ancienneté dont on réduira ainsi les droits (- 200 000).

Des mesures d'urgence doivent être prises comme nous le demandons dans notre Plan de relance "agir contre la crise"

Ainsi dans l’immédiat, il faut garantir l'indemnisation, le reclassement, la reconversion et le suivi individualisé de l'ensemble des victimes de restructurations, ces mesures préfigurant la sécurité sociale professionnelle que nous souhaitons bâtir après une large concertation avec les partenaires sociaux.

1) Une augmentation de la durée et de l'indemnisation du chômage partiel (création d'un chômage partiel prolongé)

La crise qui menace l'emploi de centaines de milliers de salariés justifie la création dans l'urgence et à titre exceptionnel d'un chômage partiel prolongé. L'objectif est d'éviter les licenciements et de mettre à profit ces périodes pour renforcer la formation des salariés contraints à l'inactivité.

Nous proposons :

– La possibilité de mise en œuvre, sur les 18 prochains mois, d’un chômage partiel prolongé de 800 heures supplémentaires au-delà de 800 heures annuelles ;

– La soumission de cette prolongation du chômage partiel à un avis conforme du comité d'entreprise ;

– L’élévation de l’indemnisation des salariés, pendant cette période, à 80% du salaire. La participation des entreprises restera identique à celle prévue par le chômage partiel de droit commun, et l'État prendra en charge le complément de rémunération.

– La mise en oeuvre prioritaire et obligatoire, à la demande des salariés, des heures de droit individuel à la formation (dont 80% ne sont aujourd’hui pas utilisées).

2) L'amélioration de l'indemnisation des salariés victimes d'un licenciement économique, préfiguration de la mise en oeuvre d'une véritable sécurité sociale professionnelle

Les salariés licenciés pour motif économique sont les premières victimes de la crise. L'allongement de la durée d'indemnisation en raison des difficultés manifestes de retour à l'emploi s'inscrivent dans les objectifs du "Manifesto" adopté par le Parti Socialiste Européen.

Nous proposons que les règles propres au contrat de transition professionnelle et à la convention de reclassement personnalisé soient unifiées, généralisées à tout le pays et que la durée d'indemnisation soit provisoirement portée à deux ans avec maintien d'une indemnisation à 80% du salaire pendant cette période.

L'augmentation des chiffres du chômage révèle que les salariés les plus exposés sont les titulaires d'un contrat à durée déterminée ou en mission d'intérim. Lorsque vient le temps du licenciement économique, ils ont déjà quitté l'entreprise. Les difficultés du marché du travail et, la durée limitée de leurs indemnités comme demandeurs d'emploi méritent une attention particulière au risque d'exclusion sociale de ces travailleurs lorsqu'ils auront épuisé leurs droits auprès de l'UNEDIC.

Pour combattre ce processus, nous proposons qu'à titre exceptionnel et pendant 24 mois, ces salariés inscrits à l'ANPE suite à une fin de CDD ou de mission d'intérim bénéficient d'une prolongation de six mois de leur indemnisation lorsque leurs droits arrivent à échéance pendant cette période. Ces droits supplémentaires seront pris en charge par l'État, et ne remettront pas en cause le paritarisme dans la gestion de l’Unedic et l’équilibre auquel sont susceptibles de parvenir les partenaires sociaux.

 

LIRE ICI LE COMMUNIQUE DE MARTINE AUBRY ET AMAIN VIDALIES.