15.11.2008
Martine Aubry : "Il y a une majorité" sur une ligne politique
"C'est dans nos mains, les délégués, que repose désormais l'avenir du Parti socialiste [...] Oui, le Parti socialiste doit sortir ancré à gauche de Reims et doit sortir avec une volonté de changement".
Ecoutez l'intégralité du discours de Martine AUBRY samedi après-midi devant les délégués ICI
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13.11.2008
Lettre de Martine AUBRY à Ségolène ROYAL
Paris, le 13 novembre 2008
Chère Ségolène,
Au lendemain du vote des militants, nous, signataires de la motion « Changer à gauche pour changer la France », avons pris nos responsabilités.
Nous avons donné notre analyse du scrutin du 6 novembre. Les militants ont exprimé une triple volonté.
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Remettre en marche un grand parti réformiste clairement ancré à gauche face à la crise du libéralisme et au démantèlement du pacte social par Nicolas Sarkozy. Bref, l’exigence d’une gauche forte face à une droite dure.
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Renouveler en profondeur les équipes et les pratiques du Parti Socialiste.
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Faire vivre un parti de militants élaborant et choisissant collectivement des orientations politiques, tant en ce qui concerne les réponses aux chocs économiques, sociaux et écologiques d’aujourd’hui que les alliances pour bâtir une alternative.
Nous avons respecté la démocratie interne : c’est à la motion arrivée en tête, même de peu, de démontrer sa capacité à rassembler sur ces thèmes. Ouverts au dialogue sans exclusive, nous avons dit que notre collectif se déterminerait sur la base de l’orientation et des propositions qui nous seraient faites.
Nous avons aussi rappelé notre règle de conduite : c’est la ligne politique qui fixe les alliances, pas l’inverse.
Tu as rendu public mardi un texte que nous avons analysé avec attention, objectivité et même gravité.
Parce que nous défendons une certaine conception de la politique et de la gauche, nous constatons que son contenu ne nous paraît malheureusement pas à la hauteur des enjeux.
Nous attendions un texte qui donne une vision claire et cohérente, ainsi que des propositions qui permettent de montrer la force des intentions.
Celui qui nous est présenté se réduit à des déclarations très générales dont beaucoup figurent déjà dans notre déclaration de principe adoptée en juin.
Or, rester à ce niveau de généralité, c’est risquer de faire du congrès de Reims un enjeu de personnes et pas d’idées. Et cela, nous n’en voulons pas, tout comme l’écrasante majorité des militants. Nous avons tous fait campagne en ce sens, y compris toi-même en plaçant ta candidature « au frigidaire » selon tes propres termes.
J’ajoute que ne pas trancher aujourd’hui nos débats, c’est prendre le risque demain de la paralysie du parti socialiste.
Tu as certes pris le soin d’assortir ton courrier d’un certain nombre de commentaires positifs sur le texte de la motion D et je t’en remercie. Mais le texte final que tu nous présentes est resté inchangé. Il ne permet pas de lever les interrogations profondes qui sont les nôtres.
L’exigence de clarté est d’autant plus nécessaire que le positionnement adopté ces derniers jours, ainsi que les réponses apportées aux interrogations des uns et des autres, sont en contradiction avec le contenu de la motion E et les positions tenues par ses principaux animateurs tout le long de la campagne.
Cette clarification est essentielle sur cinq enjeux politiques décisifs à nos yeux.
1) L’analyse de la crise financière. Ton texte précise que « la finance doit être au service de l’économie productive et non pas au service d’elle-même ». Certes, nous disons tous cela, mais Sarkozy ou Bayrou aussi disent cela… Il existe aujourd’hui deux interprétations de la crise. Pour la droite, la crise est la conséquence de dérives du système et de ses acteurs : « coupons les mauvaises branches et l’arbre repartira de plus belle », crient en chœur les libéraux ! Ils refusent de voir la réalité en face : nous assistons à une crise du capitalisme financier et mondialisé lui-même. Pour nous, cette crise est inhérente au système même, qu’il faut remettre en cause. Il ne s’agit pas de revenir à une économie planifiée (nous inscrivons nos réponses dans l’économie sociale de marché, comme l’atteste notre récente déclaration de principes adoptée à l’unanimité dans nos rangs), mais de retrouver un nouvel équilibre entre le marché, l’environnement et l’intervention publique. Voilà pourquoi nous disons que nous voulons construire un nouveau modèle économique et social. Le « document de travail » de la motion E ne tranche pas entre ces deux interprétations.
2) La question sociale. Elle est pour nous essentielle. S’agissant du pouvoir d’achat, je relève avec satisfaction que tu reprends nos propositions même s’il reste un flou sur le SMIC. En revanche, le texte que tu proposes est muet sur des questions fondamentales pour nous : l’éducation, la santé, le logement, l’école…. Ces demandes de clarification, nous ne les faisons pas pour le principe, mais parce que les Français la réclament. « Soyez offensifs, proposez à gauche ! », nous disent-ils. C’est parce que notre parti est flou qu’il est inaudible. Restaurer notre fierté socialiste et notre crédibilité politique est donc un préalable. Notre volonté est que le Parti socialiste reprenne contact avec les Français, et d’abord avec ceux qui souffrent des politiques régressives de Sarkozy.
3) La question européenne. Dans le texte qui nous est adressé, l’Europe est abordée en quatre mots : « Réorienter l’Europe pour la relancer ». Pour nous il ne s’agit pas d’une question subsidiaire : alors que l’Europe est en panne, il faut toute notre volonté pour la relancer. La première tâche du futur premier secrétaire sera d’ailleurs de préparer les élections européennes de juin 2009. Comment être aussi allusif alors que notre Parti, inutile de le nier, s’est divisé sur la question européenne et que la prochaine direction devra garantir un projet nouveau des socialistes pour l’Europe, ce qui suppose une réflexion collective de fond sur les politiques de l’Union ?
4) La conception du Parti socialiste. Par le passé, toi ainsi que tes principaux soutiens aviez indiqué que vous souhaitiez mettre fin à la règle de la proportionnelle – qui régit notre parti depuis sa création – au profit d’un fonctionnement majoritaire, qui transformerait notre parti en parti de supporters, notre premier secrétaire en chef absolu. Pour nous, notre parti doit rester un parti de militants. C’est un enjeu crucial, vital, car il y va de l’existence même du socialisme comme pluralisme.
5) Les alliances et le rapport avec le MoDem. Sur ce point aussi, chacun connaissait nos inquiétudes. Malgré cela, le « document de travail » propose une formulation alambiquée qui se contente de rappeler un processus nullement exclusif d’une alliance électorale avec le centre droit. Le MoDem n’est pas mentionné. Après les propositions faites à Bayrou durant l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, après les déclarations de divers animateurs de la motion E sur l’intérêt d’un renversement d’alliances, voilà un mutisme qui confirme nos inquiétudes.
Pour toutes ces raisons de fond, il nous apparaît impossible de répondre favorablement au texte que tu nous proposes.
Mais nous continuons à penser qu’il est possible au congrès de Reims de construire une majorité de gauche comme l’ont souhaité les militants.
C’est pourquoi nous continuons à y travailler, avec tous sans exclusive, pour réussir notre congrès conformément aux attentes militantes exprimées par le vote du 6 novembre, pour le rendre utile aux Français, pour répondre à l’urgence sociale, et bien sûr au-delà pour proposer une ligne politique qui fonde la nouvelle donne économique, sociale et écologique que nous voulons construire en France comme en Europe.
Pensons d’abord à ceux qui attendent le plus de nous et c’est pour eux que nous devons faire ce travail.
Bien amicalement à toi,
Martine AUBRY et les signataires de la motion D
22:11 Publié dans Martine Aubry, NOS PROPOSITIONS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
12.11.2008
APPEL DE MARTINE AUBRY ET DE LA MOTION D CONTRE LES DISCRIMINATIONS
L'élection de Barack Obama n'est pas un événement américain, c'est une révolution mondiale. Près d'un siècle et demi après la fin de l'esclavagisme, quarante ans après la bataille des droits civiques, les Etats-Unis ont porté un homme noir à la Maison Blanche. Nous portons tous la même part d’humanité.
La victoire du candidat Démocrate est d'abord celle d'un responsable politique à la compétence, au talent et au charisme exceptionnels. S'il a convaincu une majorité d'Américains, c'est parce qu'il a placé la question sociale, la crise économique, le défi environnemental au coeur de son projet. Mais son succès a aussi valeur de symbole : la présidence Obama, c'est l'abolition de la barrière raciale. Non l'entrée dans l'âge du communautarisme - qu'Obama a fermement combattu -, mais la possibilité d'une ère multiculturelle. Nous sommes égaux même si nous sommes différents, voilà le message porté par le nouveau président des Etats-Unis.
De ce côté-ci de l'Atlantique, nous ressentons une immense joie. Mais nous devons aussi faire preuve de lucidité.
En France, la République est une promesse. Une promesse magnifique de citoyenneté plutôt que d'individualisme, de fraternité plutôt que d'égoïsme, d'égalité plutôt que d'injustice, de liberté plutôt que d'asservissement, de laïcité pour vivre ensemble plutôt que de communautés séparées.
Mais pour des millions de nos concitoyens, et d'abord dans les quartiers populaires, la République est aussi une promesse insuffisamment tenue. Les valeurs républicaines ne sont vivantes que si elles sont en actes. Or, l'élection d'Obama nous interroge : un tel phénomène serait-il possible dans notre pays aujourd'hui ? Le réalisme incline à répondre, malheureusement : non. Parce que selon son patronyme, son lieu de résidence, son origine sociale ou ethnique, son orientation sexuelle, son âge, son handicap, les chances ne sont pas les mêmes de trouver un emploi, les droits ne sont pas réels pour accéder à un logement.
C'est pourquoi la lutte contre les discriminations doit être une priorité d'intérêt national. Face à la droite, aux engagements électoraux non tenus et à tous les conservatismes, le rôle du principal parti de l’opposition est de s’opposer et de proposer, mais aussi d’agir. Même dans l’opposition, un parti politique, en commençant par le faire, en commençant par le faire dans les collectivités locales dont nous assurons la direction d’une grande majorité d’entre elles.
C’est pourquoi j’ai lancé un appel à Lyon le 24 octobre afin que la bataille pour l’égalité et contre les discriminations soit le premier chantier du Parti socialiste nouveau que nous voulons bâtir.
Nous proposons plusieurs actions fortes et concrètes :
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faire connaître les discriminations, en portant auprès de la HALDE –dont les moyens doivent être renforcés- systématiquement les situations dont nous avons connaissance ;
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accompagner les victimes et les aider à se porter partie civile, par exemple grâce à la mise en place de médiateurs dans nos collectivités locales ;
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faire entrer la richesse de la France dans les instances de représentation en commençant par notre propre parti, au sein de service public en commençant par les collectivités territoriales à direction socialiste qui ont un devoir d’exemplarité ;
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multiplier les initiatives pour ouvrir les yeux des entreprises et en faire des partenaires du rejet des discriminations, via, notamment, des jumelages entreprises-clubs sportifs des quartiers où les cadres parrainent des jeunes comme il en existe à Lille ;
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généraliser la pratique du testing en matière d'accès à l'emploi, au logement ou aux loisirs (ainsi, les communes peuvent supprimer les autorisations d'ouverture pour les discothèques ayant pratiqué la discrimination à l'entrée) ;
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créer des conseils des résidents étrangers partout dans l'attente du droit de vote des étrangers.
Ces orientations sont d'urgence sociale et d'intérêt national. Quelle que soit l'issue du congrès de Reims, nous devrons les mettre en œuvre. C'est le devoir du Parti socialiste et de la gauche de dire « Non aux discriminations, aux inégalités, aux injustices ». J’en appelle dès maintenant à l’ensemble des militants et responsables socialistes pour que cet engagement soit pris et soit le premier acte fort du parti socialiste au lendemain du congrès de Reims. Soyons à la hauteur de notre histoire commune : la France n'a jamais été aussi forte, aussi exemplaire, qu'en permettant à chacun d'apporter sa contribution à la République vivante. Liberté, égalité, fraternité : mieux qu'une devise au fronton de nos bâtiments publics, faisons de nos valeurs républicaines des points cardinaux dans notre cœur.
11:24 Publié dans Evenements et mobilisations, Martine Aubry, NOS PROPOSITIONS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
09.11.2008
Fin d’une semaine fertile en événements pour notre parti.
Jeudi soir, vote des militants et résultats fort équilibrés, aussi bien sur le plan national que sur celui des Yvelines.
Vendredi soir, les motions commencent à se concerter en leur sein et chacune entame de profondes réflexions sur l’avenir.
Samedi, congrès fédéral, dans la belle salle du SAN de Saint Quentin en Yvelines. Salle comble de militants, tous venus assister à l’élaboration des choix fondamentaux, qui devraient permettre à notre parti d’élargir le plus possible son audience et son électorat, en faisant en sorte que ses élus soient en plus grand nombre pour être en mesure de peser véritablement et collectivement sur les politiques locale et nationale.
Quelquefois, même à cette étape des réflexions, la tentation est grande du « qui m’aime me suive » sans changer d’un millimètre ses choix politiques.
L’enjeu est pourtant de reconstruire un vrai et large rassemblement, avec des buts définis en commun. Cela passe par la définition d’objectifs clairs, mais aussi sur un choix raisonné de moyens et de méthodes. Il ne suffit pas de dire « j’aurais pu le faire si… ». Il faut réussir.
Un tel rassemblement ne peut se concrétiser que dans une écoute réciproque, respectueuse des choix fondamentaux de chacun, dont il s’agit de faire, par addition de talents, une force commune, capable de faire face à toutes les adversités.
Ce rassemblement, il ne suffit pas l’évoquer ou de l’invoquer. Il faut le faire !
Les militants de la motion D, eux-mêmes prémices de ce rassemblement, se devaient d’être les premiers à mettre leurs actes en accord avec leurs principes. C’est ce qu’ils ont décidé, à l’unanimité moins une voix, en Assemblée Générale de motion lors du congrès.
Ils appellent donc à se rassembler autour de Sandrine Gramgambe, jeune femme dynamique, pour nous donner les moyens de réaliser ensemble ce que nous souhaitons tous. Et ensemble, oui, nous le pouvons.
19:13 Publié dans Dans les Yvelines, Evenements et mobilisations | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
07.11.2008
Résultat du vote des motions du 6 novembre
inscrits..................3795
votants.................1442
blancs et nuls..............6
exprimés................1436
motion A.................359.................25.00%
motion B...................31...................2.16%
motion C.................333.................23.19%
motion D.................289.................20.13%
motion E.................407.................28.34%
motion F..................17.................1.18%
Rapport d'activité national
blancs et nuls.................93
exprimés.................1349
pour........................786.................58.27%
contre.....................139.................10.30%
abstention................424.................31.43%
Rapport d'activité fédéral
blancs et nuls..............87
exprimés..................1355
pour.........................783.................57.79%
contre.......................166.................12.25%
abstention.................406.................29.96%
02:50 Publié dans Dans les Yvelines | Lien permanent | Envoyer cette note
05.11.2008
"Martine Aubry : "Un parti qui change, un parti qui débat, un parti qui retrouve la joie d'être à gauche"
23:59 Publié dans Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
Et si on se retrouvait ...
Pour moi, être de gauche, c'est poursuivre trois objectifs essentiels.
Le premier consiste à permettre à chaque homme et chaque femme de s'émanciper, c'est-à-dire d'être porté au plus haut de lui-même. Il ou elle doit pour cela avoir accès aux droits fondamentaux : l'éducation, la santé, le logement, la sécurité, la culture ... Le rôle de l'Etat, d'un Etat efficace pour chacun et protecteur pour tous, est ici essentiel. Cet accès réel à ces droits fondamentaux doit permettre à chacun de prendre sa vie en main. Mais pour nous, l'émancipation de chacun consiste aussi à faire de ces individus des citoyens respectueux des règles, respectueux des autres. Nous voulons faire des "personnes", au sens d'Emmanuel Mounier, c'est-à-dire porteuses de valeurs, notamment celles de solidarité et de fraternité.
Le deuxième combat de la gauche, c'est de maîtriser le monde dans lequel nous sommes, et de préparer l'avenir. Maîtriser le monde, c'est trouver les chemins de la croissance et du développement. C'est organiser le marché avec des règles pour qu'il soit porteur de créativité et de concurrence. C'est fixer des règles, au niveau de chaque pays comme au niveau du monde, pour une distribution équitable des richesses. C'est enfin préparer l'avenir par un nouveau modèle de croissance durable et maîtrisée. C'est s'appuyer sur la recherche, la formation, la réflexion sur les nouveaux besoins. C'est apporter les réponses aux défis qui se posent à nous : celui de la mondialisation, de la démographie, de l'écologie.
Enfin, être de gauche, c'est construire une société qui fasse civilisation, une société qui laisse sa trace sur le plan culturel, qui crée des liens entre les citoyens. Bref une société où l'on sache vivre ensemble et où l'on accueille la diversité comme une chance, et non comme un risque.
Malheureusement, aujourd'hui c'est une tout autre conception du monde qui tend à s'étendre, un monde où les individus sont peu à peu livrés à eux-mêmes. Non seulement, nous l'avons vu, une absence de règles qui déstabilise les économies, mais au-delà, les principes du libéralisme qui envahit tout, jusqu'aux biens collectifs, la santé, l'école ... Et même les esprits. La liberté individuelle se transforme en individualisme et en égoïsme. Le règne de la débrouille tend parfois à remplacer celui de la règle, du respect et de la justice. La préparation de l'avenir est sacrifiée devant la rentabilité financière à court terme. Les ressources sont gaspillées, les désordres planétaires se multiplient. L'argent et l'accumulation de biens deviennent le but ultime de l'homme. Cette perte de sens s'accompagne d'un repli identitaire.
C'est bien la gauche dans ses missions premières qu'il nous faut retrouver si nous voulons éviter que ce modèle s'installe définitivement"
Martine Aubry
22:30 Publié dans Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
03.11.2008
pour Martine Aubry, il faut "rassembler", pas seulement arriver en tête
Martine Aubry, en lice pour la conquête du PS au congrès de Reims, a affirmé dimanche qu'à l'issue du vote des militants jeudi, il ne fallait "pas seulement arriver en tête" mais "être capable de rassembler sur une ligne politique".
"Il ne faut pas seulement arriver en tête, il faut être capable de rassembler sur une ligne politique, il ne suffit pas d'être devant", a déclaré Mme Aubry, appelée au Grand jury RTL-LCI-Le Figaro à réagir aux propos, le même jour, de François Hollande. Pour ce dernier, "le vainqueur du congrès de Reims sera la motion qui sera arrivée en tête" et d'où devra sortir, selon lui, le nom du premier secrétaire. "Tout le monde a déjà compris que le vrai problème, c'est la ligne politique qui va être choisie par les militants", a ajouté la maire de Lille. Elle a estimé que la ligne politique de sa motion était "centrale, c'est une ligne de gauche".
Elle s'est refusée à dire avec quelle motion elle souhaitait trouver un accord pour le gouvernement du parti. "Vous ne me ferez pas mettre les alliances avant la ligne politique", a-t-elle dit. Poussée par ses interviewers à annoncer officiellement sa candidature à la succession de François Hollande, l'ancienne ministre s'y est refusée, répétant: "J'ai toujours dit que je prendrai mes responsabilités". "Quand on parle du premier de liste, on ne parle plus que de lui (...) Si une personnalité gagne et qu'on n'est pas rassemblé, on se plantera. S'il y a un chef qui dit "c'est moi qui décide tout", on se plantera aussi. C'est une conception de la politique", a-t-elle fait valoir.
Alors que le premier secrétaire a appelé les adhérents à se prononcer d'abord en fonction du respect du vote des militants, ces dernières années, par les principaux animateurs des motions, Mme Aubry a rétorqué: "Appelons un chat, un chat. Que me reproche François Hollande? Que j'ai pu travailler avec Laurent Fabius et ses amis, qui ont voté non au référendum sur l'Europe". Or, a-t-elle argumenté, la motion de M. Hollande et celle de M. Fabius au congrès du Mans (2005) étaient partie prenante de la synthèse finale, six mois après la victoire du non au référendum, en dépit de la campagne pour le oui du PS. "Pourquoi ce qui était possible hier, trois mois après (le référendum), ne l'est plus trois ans après?", a-t-elle demandé. Selon Mme Aubry, "si nous continuons à jouer ce petit jeu-là, des gens qui n'ont pas respecté le parti, il y en a dans chaque motion". "C'est justement ce qu'on ne veut plus voir" et pour cela "il faut qu'il y ait un débat dans le parti, il faut un patron, quelqu'un qui n'ait pas changé de ligne, qui soit crédible, capable de faire travailler ensemble des gens différents".
"Le moment du congrès, c'est le rassemblement, c'est pas d'exclure", a-t-elle ajouté.
Réécoutez la première et la seconde partie de l'émission en cliquant ici et là .
21:32 Publié dans Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note
27.10.2008
MEETING REGIONAL
LA MOTION D
« CHANGER A GAUCHE POUR CHANGER LA FRANCE»
VOUS INVITE A UN RASSEMBLEMENT REGIONAL
DANS LES HAUTS de SEINE
AUTOUR DE MARTINE AUBRY
le Mardi 28 octobre à 20h30
Salle des fêtes de Clamart (92)
Place Hunebelle à CLAMART (à 50 mètres de la Mairie)
Bus : 189, 191 - Gare SNCF de Clamart (bus 189 jusqu'à la Mairie)
Retrouvez toute l'actualité de la motion "Changer à gauche pour changer la France" sur le site internet www.changeragauche.net.
18:04 Publié dans Evenements et mobilisations, Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
25.10.2008
«Un autre modèle face à l'argent et à la loi du plus fort»
Cette semaine dans Libération, Martine Aubry revenait sur les effets de la crise financière et s’expliquait sur les ressorts de la motion qu’elle présente en vue du congrès socialiste de Reims.
Avec le recul, comment jugez-vous les mesures prises par Nicolas Sarkozy sur la crise financière ?
Nous avons accompagné, avec responsabilité, le gouvernement à un moment de crise aiguë. Mais, malgré les promesses du chef de l’Etat, les garanties ne sont pas respectées. Ainsi, il n’y a aucune contrepartie pour l’Etat à l’apport de 10 milliards d’euros aux banques. Il ne reçoit ni actions ni rôle actif dans les conseils d’administration.
Fallait-il que l’Etat prenne une participation dans les banques ?
C’est ce qui avait été dit. Mais on préfère continuer à distribuer des bénéfices importants aux actionnaires. C’est à la fois immoral et totalement contraire aux engagements du président de la République.
La crise financière rend-elle caduc le projet de budget 2009 ?
Ce projet rajoute de la crise à la crise. Nous subissions déjà l’échec de la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy, qui a été le meilleur élève de la classe libérale en baissant les impôts des plus riches et en faisant reculer les services publics et les protections collectives. Résultat : récession, baisse du pouvoir d’achat, augmentation du chômage. Nous allons également payer les effets de la crise financière. Et au lieu de réviser sa politique économique, le gouvernement persiste et signe en réduisant les trois postes qui auraient besoin d’être boostés.
Lesquels ?
Après avoir supprimé 100 000 emplois aidés en 2008, défiscalisé les heures supplémentaires à hauteur de 6 milliards d’euros - ce qui n’a pas incité les patrons à embaucher -, une nouvelle baisse d’un milliard d’euros du budget de l’emploi s’annonce. Puis celui qui promettait d’être le Président d’une France de propriétaires baisse de 8 % le budget du logement. Enfin, les dotations vers les collectivités locales, qui financent 73 % des investissements publics, sont drastiquement réduites. Ce budget constitue une faute politique et une erreur économique.
Que proposez-vous pour le pouvoir d’achat et pour l’emploi ?
D’abord, des mesures à court terme : hausse de l’allocation de rentrée scolaire et des allocations familiales (qui ont été baissées pour les collégiens), allocation autonomie pour les étudiants, prise en charge de la moitié du prix des transports collectifs par les chefs d’entreprise. Il faut aussi que les exonérations de cotisations patronales soient liées à un accord salarial, signé par des syndicats représentant la majorité des salariés. Et puis, il y a des mesures à plus long terme, comme la mise en place d’une sécurité professionnelle tout au long de la vie.
Avec la crise financière, les motions pour le congrès du PS ne sont-elles pas, elles aussi, en décalage ?
Je suis très sereine par rapport à cette crise. Je ne l’ai pas attendue pour expliquer que ce système financier nous menait au mur. Ce que nous proposons, c’est une nouvelle donne économique, sociale et écologiste : la modulation du taux d’impôt sur les sociétés pour favoriser celle qui réinvestissent dans leur activité, un changement de l’assiette des cotisations patronales pour favoriser l’emploi… Ces propositions visent à remettre l’économie réelle devant la finance.
Tous les socialistes, avec la crise, ont nettement gauchi leur propos…
Nous, nous ne disons pas qu’il suffit de corriger les effets néfastes du libéralisme. Nous disons que l’accès aux droits, à l’éducation, au logement, à la santé, doit être au cœur de la société. Nous sommes aussi une des rares motions à parler du regard à porter sur les autres, notamment les immigrés, à parler de la culture créatrice de lien, à dénoncer un pays où les gens sont mis en concurrence les uns les autres. Et à dire que face au matérialisme, à l’argent, à la loi du plus fort, il existe un autre modèle possible.
Aucune motion n’aura la majorité le 6 novembre. Avec qui pourriez-vous vous retrouver ?
Ce sont les motions arrivées en tête qui vont définir la ligne du congrès. Il faut donc attendre les résultats du vote des militants. Mais par rapport à nos échecs de 2002 et 2007, la ligne que nous proposons est la plus forte. Dans les dernières années, nous avons jeté nos valeurs par-dessus bord et, alors que le monde a changé, nous n’avons pas travaillé collectivement sur de nouvelles réponses.
Quel type de parti, justement, appelez-vous de vos vœux ?
Dans ce nouveau PS, on ne diviserait pas pour régner, et c’est pour cela que nous avons commencé à nous rassembler. On débattrait collectivement. J’ai peu apprécié le débat sur la crise financière : le premier secrétaire aurait dû nous réunir ! Si on ne peut en débattre avant, il ne faut pas s’étonner que se fassent entendre des voix discordantes. C’est pour éviter cela aussi qu’il faut changer.
Quel leadership envisagez-vous pour le PS ?
Il faut incarner le PS, certes, mais nous, nous parlons du projet, de l’équipe, et nous présenterons après notre candidat. La crédibilité, ce n’est pas l’autoritarisme. C’est l’autorité, fondée sur une cohérence de pensée, une rectitude dans les positions prises dans les dernières années et une crédibilité dans les actions menées.
C’est un autoportrait ?
Je pense que nous sommes plusieurs à porter ces qualités-là !
Dans quelles conditions serez-vous candidate au poste de premier secrétaire du parti ?
J’ai clairement dit que je partais pour gagner. Aujourd’hui, j’incarne cette motion avec d’autres. Si les militants choisissent notre ligne, je prendrais toutes mes responsabilités.
Recueilli par David Revault d'Allonnes et Pascal Virot (http://www.libelille.fr/saberan/2008/10/un-autre-modle.html)
00:15 Publié dans Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note





