04.02.2009
Planning Familial: Martine Aubry appelle Rosine Bachelot à rétablir les crédits des plannings familiaux
Martine Aubry a appelé mardi Roselyne Bachelot à "se battre" pour rétablir les crédits des plannings familiaux qui devraient être réduits de "42% dans le budget 2009".
Pour soutenir le Planning Familial et défendre le droit à l'information, à l'éducation, à la sexualité, pour toutes et pour tous, signez la pétition. Vous pouvez également télécharger la pétition au format .pdf ici.
Ci-dessous le communiqué AFP du 3 février :
La première secrétaire du PS Martine Aubry a appelé mardi Roselyne Bachelot à "se battre" pour rétablir les crédits des plannings familiaux qui devraient être réduits de "42% dans le budget 2009".
"J'ai écrit à la ministre de la Santé et j'ai signé la pétition" lancée par le Mouvement français pour le planning familial (MFPF), a affirmé Mme Aubry, en visitant son centre parisien.
Connaissant Roselyne Bachelot, "je me dis qu'elle se battra pour remettre ces crédits. En tant que femme et en tant que ministre de la Santé, elle connaît trop les dégâts qui sont causés quand les plannings familiaux n'existent pas", a ajouté la maire de Lille.
"Le combat des femmes n'est jamais acquis", "il faut toujours être là pour expliquer que la femme a le droit de disposer de son corps et d'avoir une sexualité libre et voulue", selon Mme Aubry qui, comme ministre, avait prolongé de 10 à 12 semaines le délai pour une IVG.
La réduction des subventions va "mettre en péril un tiers" des 70 centres du planning qui "accompagnent les femmes les plus en difficulté", a-t-elle dénoncé.
Cette décision, selon elle, suit "une stricte logique budgétaire. On prend les lignes et on diminue, après avoir diminué l'impôt des plus riches".
Interrogée sur un lien entre cette décision et un retour à "un ordre moral" Mme Aubry a répondu: "je n'irai pas jusque là car, pour l'instant, nous n'avons pas eu le discours qui accompagne" cette mesure.
La pétition en ligne du planning familial a recueilli 43.378 signatures, selon une responsable de l'association.
(©AFP / 03 février 2009 17h46)
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27.11.2008
« Le Parti socialiste est de retour »
discours de Martine Aubry - Mardi 25 novembre 2008
Chers camarades, j’ai d’abord un seul mot à vous dire : merci.
Le second va immédiatement à Ségolène pour lui dire : on va, ensemble, gagner pour les Français, j’en suis convaincue.
C’est bien sûr avec à la fois beaucoup d’émotion et de gravité que je reçois la responsabilité que vous me confiez aujourd’hui en pensant d’abord aux femmes. Aux femmes qui se sont battues avant nous pour qu’existe une parité en politique : après que Ségolène ait été la première femme en France candidate à la présidence de la République, je suis fière au nom de toutes les femmes qui se sont battues d’être la première femme Première secrétaire du Parti socialiste.
Je voudrais dire aussi que je sens une responsabilité lourde, mais cette responsabilité lourde, je ne peux l’accepter que parce que vous êtes là vous les quelque 200 000 militants du Parti socialiste.
Cette responsabilité de premier secrétaire a été tenue par des hommes et des femmes éminents, François Mitterrand, Pierre Mauroy -que chacun comprendra que je salue particulièrement-, Lionel Jospin, Michel Rocard, Laurent Fabius, que je salue, Henri Emmanuelli aussi et bien sûr toi, François, à qui je pense tout particulièrement ce soir.
Je voudrais d’abord m’adresser aux militants. Aux militants parce que, dans ce congrès, jour après jour, soir après soir j’en ai rencontrés beaucoup, et que tous se sont battus pour ce qu’ils croient profondément, pour les valeurs du socialisme, pour la conviction qu’ils ont que ce qu’ils proposaient étaient les bonnes réponses pour les Français.
Je crois que nous avons su débattre et discuter à la hauteur de ce qu’est notre parti, un immense parti démocratique.
Alors, on peut rire, on peut se moquer de nos débats, de nos discussions mais j’ai envie de dire à la droite : riez encore quelques jours car dès la semaine prochaine le Parti socialiste est de retour dans les rues, et avec des propositions. Et uni.
Je voudrais dire à tous les militants : bravo pour ce travail. Je voudrais dire à Ségolène et à ses amis -dont je comprends aujourd’hui la réaction tout à fait naturelle - que nous avons tous défendu ce que nous croyons juste.
Je crois que si nous voulons changer ce parti, il faut d’abord que nous acceptions cela. Accepter que, dans un grand parti démocratique, nous puissions penser différemment en nous respectant et j’irai même plus loin, penser différemment en nous faisant confiance, en pensant que, en chacun d’entre nous, il n’y a qu’un seul souci, servir les Français et pour servir les Français, servir le Parti socialiste.
Si nous arrivons dans les jours, dans les mois qui viennent, à donner des signes concrets que cette unité du parti et de l’ensemble des militants est possible, ce congrès de Reims restera comme un congrès qui aura permis à notre parti, de changer profondément à un moment où le monde a changé et où les militants nous ont demandé de changer profondément et de nous renouveler.
Voilà un peu l’état d’esprit qui est le mien.
Les conditions dans lesquelles le vote a eu lieu et les résultats extrêmement serrés qui en découlent ne me donnent que des devoirs. Le premier devoir qui est le mien, c’est, si elle l’accepte, de rencontrer Ségolène. J’ai entendu, comme elle, ce que nous ont dit les militants à Reims et derrière les militants ce que nous ont dit les Français : « nous voulons retrouver la politique et la gauche, nous voulons un Parti socialiste qui nous défende alors que nous n’avons même plus le courage de nous battre car on a l’impression que nos voix ne sont plus entendues par les pouvoirs en place ». Oui, nous allons revenir avec les valeurs qui sont les nôtres, mais aussi avec les réponses d’aujourd’hui, ce qui nécessite beaucoup de travail. Puis, ils nous ont dit : « il faut renouveler profondément le Parti socialiste, ses pratiques, son fonctionnement ». Les voix qui se sont portées sur Ségolène comme d’ailleurs sur Benoît Hamon sont aussi des voix qui nous ont dit profondément que certains portaient plus que d’autres le renouvellement.
J’ai intégré cela depuis le premier vote des militants.
Notre prochain Conseil national sera sans doute fixé au samedi 6 décembre. Une ligne politique a été arrêtée avec une majorité lors du congrès, mais que, au-delà de cette ligne politique, ancrée à gauche, qui nous impose d’être sur tous les terrains pour défendre les Français, pour défendre les Français qui sont inquiets devant les licenciements qui arrivent, pour défendre les Français qui perdent en pouvoir d’achat, pour défendre les services publics qui sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, pour être capable dès le week-end prochain d’être auprès de nos camarades des partis socialistes et socio démocrates européens pour changer l’Europe pour un autre monde, d’être capable effectivement d’être sur ce terrain-là et d’y travailler dans une ligne politique ancrée à gauche, il faudra aussi profondément nous renouveler.
Il faut véritablement que, dans les équipes que nous allons constituer, il y ait des changements profonds, il faut renverser la table : bien sûr de nouveaux visages, des hommes et des femmes de tous les territoires et de toutes les cultures aux couleurs de la France, une parité absolue dans toutes nos instances ; mais aussi il nous faut aussi renouveler nos attitudes, nos comportements, nous rouvrir sur la société, nous rouvrir vers des hommes et des femmes qui ont envie de construire un projet de gauche face à cette loi du plus fort que nous impose le libéralisme, face à cette puissance du financier par rapport à l’économie, face à ces inégalités qui s’accroissent dans notre pays et dans le monde.
Il faut faire appel à eux, il faut le dire, le Parti socialiste est à nouveau ouvert pour travailler avec vous, pour évidemment un projet porté aux Français, mais aussi porté aux Européens pour un autre monde.
Mon devoir dans les heures qui viennent, c’est de faire en sorte que, sur une ligne qui est celle que les militants ont choisi au congrès, nous soyons capables d’être unis dans un mode de fonctionnement que je vous proposerai, où les élus trouveront toute leur place. Car rien n’est plus étonnant aujourd’hui de voir combien les Français nous font confiance, là où nous sommes et parfois même nous plébiscitent dans nos villes, dans nos départements et dans nos régions et de dire que nous n’utilisons pas cette force extraordinaire des élus et des militants pour construire le projet de demain et là aussi il nous faudra changer nos pratiques.
Nous avons par ailleurs des députés et des sénateurs qui se battent sur le front contre les lois de Sarkozy et même contre les amendements qui arrivent nuitamment pour pousser la retraite à 70 ans. Ces coups-là, nous devons les préparer, il faut que nos parlementaires soient au sein du Parti, il faut que nous débattions avec les présidents des 2 groupes parlementaires, il faut que nous soyons unis pour combattre la droite, mais aussi pour contre-proposer car c’est aussi cela qu’attendent les Français.
Tous les jours on nous annonce un cadeau fiscal pour les plus riches, tous les jours nous apprenons un recul dans le domaine social, que ce soit à la Poste, dans l’audiovisuel, la retraite à 70 ans, le développement du contrat à durée déterminée… Dans nos collectivités locales nous avons à nous battre contre la restriction des crédits et surtout pour accompagner tous ceux qui vivent actuellement des licenciements ou qui vont en vivre.
Nous avons donc le devoir d’être ensemble par rapport à cette situation et de nous mettre au travail pour que, dans deux ans, nous soyons capables d’avoir le projet qui permettra à celui ou à celle qui alors sera choisi de représenter nos couleurs.
Je veux une équipe unie où toutes les sensibilités se sentent bien. L’équipe unie ne veut pas dire que l’on oublie ses fidélités, je ne demande à chacun non pas d’oublier ce qu’il est, ce à quoi il croit, la personne à laquelle il est attaché et c’est cela aussi la politique des liens d’affection, de fidélité qui se nouent, je demande à chacun de dire d’abord : nous sommes tous socialistes nous voulons porter en avant notre parti pour que les Français à nouveau aient l’espoir.
Nous avons une feuille de route collective, dès demain, à mettre en place : rassemblement, renouvellement profond, et travail.
Nous allons le faire ensemble pour incarner à nouveau l’espoir. Nous devons être à la hauteur. Je sais qu’il faudra beaucoup de courage et de ténacité mais je sais que chacun d’entre vous pensez actuellement aux militants et aux Français qui voient ce qui se passe depuis quelques jours dans notre parti et se lamentent.
C’est en pensant à eux et en pensant à tous les militants que je dis: rassemblons-nous, unissons-nous autour d’une ligne de gauche, celle que nous avons voulue lors de notre congrès, mais aussi autour d’un profond renouvellement qui fera que le Parti socialiste, si j’osais, s’appelle le nouveau Parti socialiste ; en tout cas qu’il garde l’essentiel, les valeurs de solidarité, d’égalité et de fraternité qu’il a toujours défendues.
14:58 Publié dans Discours, Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
23.11.2008
Conférence de presse de Martine AUBRY
Déclaration de Martine AUBRY
Lors de notre congrès, les militants nous ont donné une double obligation :
- changer le parti socialiste, le renouveler en profondeur ;
- porter en avant nos valeurs.
Je veux les remercier tous pour avoir défendu tout au long de ces journées avec passion leurs convictions.
Hier soir, ils ont voté pour la désignation du premier secrétaire de notre parti. Les résultats sont connus.
Je veux remercier tous les militants qui se sont mobilisés pour ce choix et bien naturellement ceux qui m’ont fait confiance.
Dès que nos instances auront validé le résultat de leur vote mardi soir, je veux dire à tous que je serai le premier secrétaire de tous les militants.
Je le dis simplement. C’est avec une grande émotion que j’accueille cette responsabilité mais aussi avec gravité.
J’ai bien conscience que la situation ne me crée que des devoirs.
Le Parti Socialiste est tant attendu face à la crise économique, sociale et de confiance que traverse notre pays.
Nous devons à nouveau incarner l’espoir.
Pour cela, nous avons besoin d’un parti en ordre de marche.
Or, le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas en bonne santé. Ces dernières heures en sont une preuve supplémentaire.
Je comprends la déception de Ségolène Royal et de ceux qui ont voté pour elle. Déception d’autant plus importante que les résultats ont été serrés.
Mais je leur dis : « la question n’est plus de savoir qui a perdu ou qui a gagné ». Nous aurons tous perdu si nous ne sommes pas capables de nous rassembler. Et nous serons tous gagnants si nous faisons barrage efficacement à la droite et si nous proposons aux français un nouveau projet de société.
J’en appelle à nouveau la responsabilité de chacun, comme je l’ai fait cette nuit en tendant la main à Ségolène Royal dès que les résultats ont été connus. Notre Parti n’appartient à personne. Il nous appartient à tous. Il traverse des heures cruciales pour lui. Ne l’abimons pas d’avantage.
Je veux rassurer les militants. Comme cela a été annoncé dès cette nuit et confirmé ce matin par notre premier secrétaire François Hollande, le vote a eu lieu et les résultats sont connus. Chacun doit respecter le vote des militants et les règles de notre Parti. Les résultats seront proclamés dès mardi par le Conseil National comme le prévoit notre fonctionnement habituel.
Le Conseil National d’ores et déjà prévu samedi prochain devra arrêter les nouvelles équipes et la nouvelle organisation du Parti Socialiste de demain.
Je m’engage devant vous à faire le rassemblement.
J’y consacrerai toutes les prochaines heures, en rencontrant chacun.
- Mais je le dis solennellement.
Notre parti doit être profondément changé, profondément renouvelé. Il le sera.
Ce renouveau nous le devons aux militants. Chacun doit le comprendre et y contribuer.
Bien sûr, il nous faudra de nouveaux visages.
Préparer la nouvelle génération.
Mettre en place une parité totale et avoir des équipes aux couleurs de nos territoires et des cultures de notre pays.
Là aussi, je m’y engage.
Il faudra du courage et de la ténacité. Je le sais. J’en aurai. Nous aurons.
- Nous devons préparer dans les jours qui viennent une opposition sans faille à la politique de Nicolas Sarkozy par exemple auprès des enseignants et des postiers comme nous l’avons fait cette semaine, et à l’assemblée nationale comme au sénat avec nos parlementaires. Nous rencontrerons très vite les syndicats face à la crise sociale.
- - Nous devrons mettre en place une action collective de tous nos élus locaux qui inventent chaque jour des réponses qui changent la vie de nos concitoyens.
- - Et, sans perdre un instant, nous prendrons contact avec les partis socialistes et socio-démocrates européens pour engager l’Europe sur la nouvelle voie que nous souhaitons.
***
Rassemblement, renouvellement, renaissance de notre Parti : voilà ce que doivent être notre feuille de route collective dès la semaine prochaine. Les français ont besoin de nous et ont besoin de notre parti. Nous serons à la hauteur.
02:07 Publié dans Discours, Evenements et mobilisations, Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note
19.11.2008
MEETING REGIONAL

01:03 Publié dans Evenements et mobilisations, Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note
16.11.2008
Discours de candidature de Martine Aubry
"Aller jusqu'au bout de ce que nous croyons"
Ecoutez l'intégralité du discours de candidature de Martine AUBRY ICI
22:38 Publié dans Discours, Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note
15.11.2008
Martine Aubry : "Il y a une majorité" sur une ligne politique
"C'est dans nos mains, les délégués, que repose désormais l'avenir du Parti socialiste [...] Oui, le Parti socialiste doit sortir ancré à gauche de Reims et doit sortir avec une volonté de changement".
Ecoutez l'intégralité du discours de Martine AUBRY samedi après-midi devant les délégués ICI
23:55 Publié dans Discours, Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
13.11.2008
Lettre de Martine AUBRY à Ségolène ROYAL
Paris, le 13 novembre 2008
Chère Ségolène,
Au lendemain du vote des militants, nous, signataires de la motion « Changer à gauche pour changer la France », avons pris nos responsabilités.
Nous avons donné notre analyse du scrutin du 6 novembre. Les militants ont exprimé une triple volonté.
-
Remettre en marche un grand parti réformiste clairement ancré à gauche face à la crise du libéralisme et au démantèlement du pacte social par Nicolas Sarkozy. Bref, l’exigence d’une gauche forte face à une droite dure.
-
Renouveler en profondeur les équipes et les pratiques du Parti Socialiste.
-
Faire vivre un parti de militants élaborant et choisissant collectivement des orientations politiques, tant en ce qui concerne les réponses aux chocs économiques, sociaux et écologiques d’aujourd’hui que les alliances pour bâtir une alternative.
Nous avons respecté la démocratie interne : c’est à la motion arrivée en tête, même de peu, de démontrer sa capacité à rassembler sur ces thèmes. Ouverts au dialogue sans exclusive, nous avons dit que notre collectif se déterminerait sur la base de l’orientation et des propositions qui nous seraient faites.
Nous avons aussi rappelé notre règle de conduite : c’est la ligne politique qui fixe les alliances, pas l’inverse.
Tu as rendu public mardi un texte que nous avons analysé avec attention, objectivité et même gravité.
Parce que nous défendons une certaine conception de la politique et de la gauche, nous constatons que son contenu ne nous paraît malheureusement pas à la hauteur des enjeux.
Nous attendions un texte qui donne une vision claire et cohérente, ainsi que des propositions qui permettent de montrer la force des intentions.
Celui qui nous est présenté se réduit à des déclarations très générales dont beaucoup figurent déjà dans notre déclaration de principe adoptée en juin.
Or, rester à ce niveau de généralité, c’est risquer de faire du congrès de Reims un enjeu de personnes et pas d’idées. Et cela, nous n’en voulons pas, tout comme l’écrasante majorité des militants. Nous avons tous fait campagne en ce sens, y compris toi-même en plaçant ta candidature « au frigidaire » selon tes propres termes.
J’ajoute que ne pas trancher aujourd’hui nos débats, c’est prendre le risque demain de la paralysie du parti socialiste.
Tu as certes pris le soin d’assortir ton courrier d’un certain nombre de commentaires positifs sur le texte de la motion D et je t’en remercie. Mais le texte final que tu nous présentes est resté inchangé. Il ne permet pas de lever les interrogations profondes qui sont les nôtres.
L’exigence de clarté est d’autant plus nécessaire que le positionnement adopté ces derniers jours, ainsi que les réponses apportées aux interrogations des uns et des autres, sont en contradiction avec le contenu de la motion E et les positions tenues par ses principaux animateurs tout le long de la campagne.
Cette clarification est essentielle sur cinq enjeux politiques décisifs à nos yeux.
1) L’analyse de la crise financière. Ton texte précise que « la finance doit être au service de l’économie productive et non pas au service d’elle-même ». Certes, nous disons tous cela, mais Sarkozy ou Bayrou aussi disent cela… Il existe aujourd’hui deux interprétations de la crise. Pour la droite, la crise est la conséquence de dérives du système et de ses acteurs : « coupons les mauvaises branches et l’arbre repartira de plus belle », crient en chœur les libéraux ! Ils refusent de voir la réalité en face : nous assistons à une crise du capitalisme financier et mondialisé lui-même. Pour nous, cette crise est inhérente au système même, qu’il faut remettre en cause. Il ne s’agit pas de revenir à une économie planifiée (nous inscrivons nos réponses dans l’économie sociale de marché, comme l’atteste notre récente déclaration de principes adoptée à l’unanimité dans nos rangs), mais de retrouver un nouvel équilibre entre le marché, l’environnement et l’intervention publique. Voilà pourquoi nous disons que nous voulons construire un nouveau modèle économique et social. Le « document de travail » de la motion E ne tranche pas entre ces deux interprétations.
2) La question sociale. Elle est pour nous essentielle. S’agissant du pouvoir d’achat, je relève avec satisfaction que tu reprends nos propositions même s’il reste un flou sur le SMIC. En revanche, le texte que tu proposes est muet sur des questions fondamentales pour nous : l’éducation, la santé, le logement, l’école…. Ces demandes de clarification, nous ne les faisons pas pour le principe, mais parce que les Français la réclament. « Soyez offensifs, proposez à gauche ! », nous disent-ils. C’est parce que notre parti est flou qu’il est inaudible. Restaurer notre fierté socialiste et notre crédibilité politique est donc un préalable. Notre volonté est que le Parti socialiste reprenne contact avec les Français, et d’abord avec ceux qui souffrent des politiques régressives de Sarkozy.
3) La question européenne. Dans le texte qui nous est adressé, l’Europe est abordée en quatre mots : « Réorienter l’Europe pour la relancer ». Pour nous il ne s’agit pas d’une question subsidiaire : alors que l’Europe est en panne, il faut toute notre volonté pour la relancer. La première tâche du futur premier secrétaire sera d’ailleurs de préparer les élections européennes de juin 2009. Comment être aussi allusif alors que notre Parti, inutile de le nier, s’est divisé sur la question européenne et que la prochaine direction devra garantir un projet nouveau des socialistes pour l’Europe, ce qui suppose une réflexion collective de fond sur les politiques de l’Union ?
4) La conception du Parti socialiste. Par le passé, toi ainsi que tes principaux soutiens aviez indiqué que vous souhaitiez mettre fin à la règle de la proportionnelle – qui régit notre parti depuis sa création – au profit d’un fonctionnement majoritaire, qui transformerait notre parti en parti de supporters, notre premier secrétaire en chef absolu. Pour nous, notre parti doit rester un parti de militants. C’est un enjeu crucial, vital, car il y va de l’existence même du socialisme comme pluralisme.
5) Les alliances et le rapport avec le MoDem. Sur ce point aussi, chacun connaissait nos inquiétudes. Malgré cela, le « document de travail » propose une formulation alambiquée qui se contente de rappeler un processus nullement exclusif d’une alliance électorale avec le centre droit. Le MoDem n’est pas mentionné. Après les propositions faites à Bayrou durant l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, après les déclarations de divers animateurs de la motion E sur l’intérêt d’un renversement d’alliances, voilà un mutisme qui confirme nos inquiétudes.
Pour toutes ces raisons de fond, il nous apparaît impossible de répondre favorablement au texte que tu nous proposes.
Mais nous continuons à penser qu’il est possible au congrès de Reims de construire une majorité de gauche comme l’ont souhaité les militants.
C’est pourquoi nous continuons à y travailler, avec tous sans exclusive, pour réussir notre congrès conformément aux attentes militantes exprimées par le vote du 6 novembre, pour le rendre utile aux Français, pour répondre à l’urgence sociale, et bien sûr au-delà pour proposer une ligne politique qui fonde la nouvelle donne économique, sociale et écologique que nous voulons construire en France comme en Europe.
Pensons d’abord à ceux qui attendent le plus de nous et c’est pour eux que nous devons faire ce travail.
Bien amicalement à toi,
Martine AUBRY et les signataires de la motion D
22:11 Publié dans Martine Aubry, NOS PROPOSITIONS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
12.11.2008
APPEL DE MARTINE AUBRY ET DE LA MOTION D CONTRE LES DISCRIMINATIONS
L'élection de Barack Obama n'est pas un événement américain, c'est une révolution mondiale. Près d'un siècle et demi après la fin de l'esclavagisme, quarante ans après la bataille des droits civiques, les Etats-Unis ont porté un homme noir à la Maison Blanche. Nous portons tous la même part d’humanité.
La victoire du candidat Démocrate est d'abord celle d'un responsable politique à la compétence, au talent et au charisme exceptionnels. S'il a convaincu une majorité d'Américains, c'est parce qu'il a placé la question sociale, la crise économique, le défi environnemental au coeur de son projet. Mais son succès a aussi valeur de symbole : la présidence Obama, c'est l'abolition de la barrière raciale. Non l'entrée dans l'âge du communautarisme - qu'Obama a fermement combattu -, mais la possibilité d'une ère multiculturelle. Nous sommes égaux même si nous sommes différents, voilà le message porté par le nouveau président des Etats-Unis.
De ce côté-ci de l'Atlantique, nous ressentons une immense joie. Mais nous devons aussi faire preuve de lucidité.
En France, la République est une promesse. Une promesse magnifique de citoyenneté plutôt que d'individualisme, de fraternité plutôt que d'égoïsme, d'égalité plutôt que d'injustice, de liberté plutôt que d'asservissement, de laïcité pour vivre ensemble plutôt que de communautés séparées.
Mais pour des millions de nos concitoyens, et d'abord dans les quartiers populaires, la République est aussi une promesse insuffisamment tenue. Les valeurs républicaines ne sont vivantes que si elles sont en actes. Or, l'élection d'Obama nous interroge : un tel phénomène serait-il possible dans notre pays aujourd'hui ? Le réalisme incline à répondre, malheureusement : non. Parce que selon son patronyme, son lieu de résidence, son origine sociale ou ethnique, son orientation sexuelle, son âge, son handicap, les chances ne sont pas les mêmes de trouver un emploi, les droits ne sont pas réels pour accéder à un logement.
C'est pourquoi la lutte contre les discriminations doit être une priorité d'intérêt national. Face à la droite, aux engagements électoraux non tenus et à tous les conservatismes, le rôle du principal parti de l’opposition est de s’opposer et de proposer, mais aussi d’agir. Même dans l’opposition, un parti politique, en commençant par le faire, en commençant par le faire dans les collectivités locales dont nous assurons la direction d’une grande majorité d’entre elles.
C’est pourquoi j’ai lancé un appel à Lyon le 24 octobre afin que la bataille pour l’égalité et contre les discriminations soit le premier chantier du Parti socialiste nouveau que nous voulons bâtir.
Nous proposons plusieurs actions fortes et concrètes :
-
faire connaître les discriminations, en portant auprès de la HALDE –dont les moyens doivent être renforcés- systématiquement les situations dont nous avons connaissance ;
-
accompagner les victimes et les aider à se porter partie civile, par exemple grâce à la mise en place de médiateurs dans nos collectivités locales ;
-
faire entrer la richesse de la France dans les instances de représentation en commençant par notre propre parti, au sein de service public en commençant par les collectivités territoriales à direction socialiste qui ont un devoir d’exemplarité ;
-
multiplier les initiatives pour ouvrir les yeux des entreprises et en faire des partenaires du rejet des discriminations, via, notamment, des jumelages entreprises-clubs sportifs des quartiers où les cadres parrainent des jeunes comme il en existe à Lille ;
-
généraliser la pratique du testing en matière d'accès à l'emploi, au logement ou aux loisirs (ainsi, les communes peuvent supprimer les autorisations d'ouverture pour les discothèques ayant pratiqué la discrimination à l'entrée) ;
-
créer des conseils des résidents étrangers partout dans l'attente du droit de vote des étrangers.
Ces orientations sont d'urgence sociale et d'intérêt national. Quelle que soit l'issue du congrès de Reims, nous devrons les mettre en œuvre. C'est le devoir du Parti socialiste et de la gauche de dire « Non aux discriminations, aux inégalités, aux injustices ». J’en appelle dès maintenant à l’ensemble des militants et responsables socialistes pour que cet engagement soit pris et soit le premier acte fort du parti socialiste au lendemain du congrès de Reims. Soyons à la hauteur de notre histoire commune : la France n'a jamais été aussi forte, aussi exemplaire, qu'en permettant à chacun d'apporter sa contribution à la République vivante. Liberté, égalité, fraternité : mieux qu'une devise au fronton de nos bâtiments publics, faisons de nos valeurs républicaines des points cardinaux dans notre cœur.
11:24 Publié dans Evenements et mobilisations, Martine Aubry, NOS PROPOSITIONS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
05.11.2008
"Martine Aubry : "Un parti qui change, un parti qui débat, un parti qui retrouve la joie d'être à gauche"
23:59 Publié dans Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique
Et si on se retrouvait ...
Pour moi, être de gauche, c'est poursuivre trois objectifs essentiels.
Le premier consiste à permettre à chaque homme et chaque femme de s'émanciper, c'est-à-dire d'être porté au plus haut de lui-même. Il ou elle doit pour cela avoir accès aux droits fondamentaux : l'éducation, la santé, le logement, la sécurité, la culture ... Le rôle de l'Etat, d'un Etat efficace pour chacun et protecteur pour tous, est ici essentiel. Cet accès réel à ces droits fondamentaux doit permettre à chacun de prendre sa vie en main. Mais pour nous, l'émancipation de chacun consiste aussi à faire de ces individus des citoyens respectueux des règles, respectueux des autres. Nous voulons faire des "personnes", au sens d'Emmanuel Mounier, c'est-à-dire porteuses de valeurs, notamment celles de solidarité et de fraternité.
Le deuxième combat de la gauche, c'est de maîtriser le monde dans lequel nous sommes, et de préparer l'avenir. Maîtriser le monde, c'est trouver les chemins de la croissance et du développement. C'est organiser le marché avec des règles pour qu'il soit porteur de créativité et de concurrence. C'est fixer des règles, au niveau de chaque pays comme au niveau du monde, pour une distribution équitable des richesses. C'est enfin préparer l'avenir par un nouveau modèle de croissance durable et maîtrisée. C'est s'appuyer sur la recherche, la formation, la réflexion sur les nouveaux besoins. C'est apporter les réponses aux défis qui se posent à nous : celui de la mondialisation, de la démographie, de l'écologie.
Enfin, être de gauche, c'est construire une société qui fasse civilisation, une société qui laisse sa trace sur le plan culturel, qui crée des liens entre les citoyens. Bref une société où l'on sache vivre ensemble et où l'on accueille la diversité comme une chance, et non comme un risque.
Malheureusement, aujourd'hui c'est une tout autre conception du monde qui tend à s'étendre, un monde où les individus sont peu à peu livrés à eux-mêmes. Non seulement, nous l'avons vu, une absence de règles qui déstabilise les économies, mais au-delà, les principes du libéralisme qui envahit tout, jusqu'aux biens collectifs, la santé, l'école ... Et même les esprits. La liberté individuelle se transforme en individualisme et en égoïsme. Le règne de la débrouille tend parfois à remplacer celui de la règle, du respect et de la justice. La préparation de l'avenir est sacrifiée devant la rentabilité financière à court terme. Les ressources sont gaspillées, les désordres planétaires se multiplient. L'argent et l'accumulation de biens deviennent le but ultime de l'homme. Cette perte de sens s'accompagne d'un repli identitaire.
C'est bien la gauche dans ses missions premières qu'il nous faut retrouver si nous voulons éviter que ce modèle s'installe définitivement"
Martine Aubry
22:30 Publié dans Martine Aubry | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique





